vendredi 20 décembre 2013

Nepal: Pokhara - Vive les vacances!


Pokhara, quel accueil! Jim, notre compagnon himalayen est là, il s'empresse de nous installer dans une pension confortable puis nous trimballe dans tout Lake Side (artère touristique longeant le lac de Fewa) pour nous présenter à ses amis commerçants, nous indiquer les meilleures enseignes, les points d'eau potable... La boulangerie dont on a entendu parler jusqu'à Lumbini offre vraiment de bon gâteaux au chocolat et on trique attablés tous trois devant des steaks (végétariens pour Leo) qui ont tellement fait saliver Jean-Da dans ses rêves depuis des mois. 
Au petit matin depuis le toit terrasse de l'auberge, le paysage pique les yeux et serre la gorge. La Peace Pagoda, sur une arrête de colline arborisée, reçoit les premiers rayons du soleil. Plus bas, des vapeurs s'élèvent du lac où flottent des barques multicolores à rames. Le village (on peut considéré ce quartier de Pokhara comme un village en soit) s'éveille calmement. Ça y est, nous y sommes. Pokhrara, les vacances, le relâche, les accommodations confortables, l'ambiance détendue, la routine, les cafés et autres restaurants qui s'occidentalisent en gardant cependant leur trais d'authenticité, les douches chaudes, la sédentarité, le temps libre, la nourriture variée...
Fish Tail (queue de poisson en népalais), 6993m qui émerge au dessus de la ville.
C'est ça être au pied de l'Himalaya??


Machhapuchhre (Fish Tail) depuis la réalité de la ville de Pokhara


Comme à chacun de nos arrêts, nous avons quantité de tâches à effectuer, mais celle-ci est spéciale. Nous resterons au moins 2 mois dans la ville et avons donc le temps de les remplir sans se presser outre mesure. Grâce à cette décontraction de voyageurs au repos, nous avons la chance de faire la connaissance d'une ribambelle d'autre travelers de tout poil et de tous horizons. Échanges d'expériences, conseils mutuels, discussions passionnantes, service rendu et reçus, pots partagés, rigolades... Il y a (entre autre) Garahm qui nous fait rêver avec ses photos du Ladak, le trio féminin Suzanna, Stéphanie et Monikka qui apprennent le Tango avec Jim et égaient nos soirées, Peter qui avant de s'envoler pour l'Inde, nous offre des kilos d'épices car il est déjà chargé de son tandem dont le deuxième siège sera occupé par sa femme chérie qui l'attend la bàs, Nathalie et Gaetan en tandem aussi, Snezana une cyclo-écrivaine qui parcourt le monde en solo depuis 3 ans, Venda et Karen avec qui nous irons explorer les hauteurs de Sarankot, la colline qui surplombe la ville et depuis laquelle on a une vue splendide des Annapurnas et d'où s'élancent les innombrables parapentes qui flottent en continus sur le lac dont les berges s'apprêtent à de belles promenades, Gorkana et Michael, couple de cyclos allemands, nos voisins de chambre, Max et Alina que nous avions déjà rencontrés dans le Terai avec leur Jeep, Olivier et Aurelie, deux de nos sauveteurs du Zanscar qui nous avaient offerts leur hospitalité quand notre moral était au plus bas et que l'on retrouve avec émotion, Miguiel, Andy, Frank,Terance, Paule le cyclotouriste philosophe et pargmatique, Karl à l'humour bavarois hilarant et inattendu, Sirine, boule d'énergie de 20 ans, des projets plein la tête, le Monde à Vélo lui appartient, on retrouve Reto dont nous avions fait la connaissance à Lumbini, Igo avec qui on attend anxieux les gardes forestier dans l'espoir de sauver un bébé singe de la captivité malveillante, nos coeurs s'attendrissent et on vit des moments d'une tendresse inouïe si proche d'un animal normalement sauvage, Pascal et Philipp, un couple de cyclos Suisse dont l'itinéraire est l'inverse du notre, les conseils fusent , les bons plans t'échangent.

Les copains d'abord!


Vue depuis Sarankot

En moins d'un mois, on se sent chez sois, on a pris nos habitudes au Yeti Restaurant et au Sun View Café. On sympathise avec les commerçants qu'on salue au passage et qui nous appellent parfois "Didi' et "Baï" (soeur et frère) comme il est de coutume ici.
North Lake Side (considéré comme le coin "Babacool"), bien que dédié au tourisme reste toutefois moins développé que le Sud et les voyageurs de passage côtoient la vie authentique des népalais. Les vaches broutent entre les Guest-Houses, les enfants jouent au ballons quand ils ne sont pas engoncés dans leur uniforme scolaire, les potagers procurent les légumes qui accompagnerons les Dahl Bahat dont on entend cuire le riz dans les cocottes minutes depuis notre balcon, les femmes des pécheurs vendent leurs pêche chaque matin au bord de la chaussée, les ouvriers s'affairent à main mues à la constructions d'autres hôtels, on bourre des duvet de laine chaude, qu'on cout ensuite et frappe à l'aide d'un bâton pour en égaliser l'épaisseur, on tresse des herbes sèches pour en faire des hottes que les vendeuses d'oranges transportent à l'aide d'une sangle passée sur leur front, les maraîcher font la tournée des bistros leurs légumes chargés sur leur bicyclette... Cet univers nous convient, on s'y sent bien!

Salut!
Porte d'un temple dans le vieux  Pokhara, Mahandrapur


Maison Newari dans le vieux centre de Pokhara, Mahandrapur

Aux allentours de la ville
On visite le monastère tibétain de Jangchub Choeling. La prière se déroule sur le toit du temple, des chants agrémentés de coups de cymbales et des sons des trompettes s'envolent vers les 8000 enneigés par delà le soleil et les deux chamois dorés symboles qui ornent l'entrée de l'édifice. La mélodie se rompt à tout moments: les aléas de la vie qui ne sont toutefois pas capable d'ébranler le calme intense, la sérénité pure de l'idéal bouddhiste.
Le 10 décembre, on célébre la comémoration du Prix Nobel de la Paix recu par le 14eme Dalai Lama en 1989. Les cérémonies religieuses sont agrementées de chants et de dances, de programmes de santé publique, de théatre... On nous y offre un repas gigantestque. Tous les habitants du camp de réfugier (les tibétins ayant fuit leur pays et leur decendants sont considérés comme tels et ne jouissent pas des memes droits que les citoyens népalais) ont revetis pour l'occasion leur habits traditionnels. On y est accueillis avec une générosité, une dévotion presque qui donne à réfléchir sur les principes de cette philosophie. Une femme bouddhiste qui balaie mes remerciements d'un geste de la main me confie : "C'est grâce à sa Sainteté le Dalai Lama. C'est lui qu'il faut remercier". "C'est affreux ce que le gouvernement chinois fait à notre pays. Nous autres Bouddhistes nous acceptons notre condition. Nous croyons à la réincarnation et peut-être sommes nous entrain de payer une dette pour nos actions dans nos vies antérieurs, il faut accepter et être heureux. C'est important que l'opinion internationale nous supportent, c'est affreux ce qui arrive au Tibet".


Au monastère de Jangchub Choeling.

Le 20 décembre, nos achats de Noël sont bouclés. Un professeur népalais, amis de Jim, nous a aidé à dégotter un appartement, un palace avec 3 salles de bain et 2 balcons pour accueillir une partie de nos familles qui vient nous rejoindre pour les fêtes de fin d'année... On y séjournera un mois, cela va sacrement nous changer de notre toile de tente. On est excités, on emménage dans 2 jours et avons déjà organisé une "pendaison de crémaillère" avec tous nos copains de Pokhrara. Les parents de Leo arrivent le lendemain, espérons qu'on se réveillera à temps pour faire un brin de ménage contrairement à une certaine fois dans la maison d'A-M.....








dimanche 24 novembre 2013

Nepal: Mahanagar-Pokhara

Un caniveau à ciel ouvert coule au fond d'une rigole au milieu de la rue de gravats, des détritus qu'un homme balaie et ramasse à l'aide d'une pelle, jonchent le sol, un troupeau de vaches avec leurs veaux nous observent en ruminant, intrigues par notre manège. C'est dans ce cadre que nous effectuons le service de nos vélos et puis on s'élance sur la Mahanagar Highway, le long du Terail. La plaine népalaise compte une route unique, longiligne et n'offre que peu de vallonnements.

Le Népal nous surprend, par son silence d'abord. le premier matin., on s'interroge: comment ce fait-il que les klaxons, le bruit des crachats et le brouhaha permanent aient disparu? Ce serait-il passe quelques choses de grave? Au lieu de ça, une douce musique émanant du temples ou des commerces, nous cueille à chacun de nos réveil. Ensuite, ce sont les sourires et la gentillesse des népalais qui nous heurtent. Leur "Namaste" chaleureux, leur visages expressifs ou l'on peut lire la bienveillance dans leur yeux, leur application à nous fournir les explications dont on a besoin en utilisant le langage corporel. Aussi, notre quotte de popularité est en chute libre et cela va crescendo à mesure que l'on s'approche de Pokhara. On ne créé plus d'attroupement oppressant, ce qui n'est pas pour nous déplaire. On campe sous le regard intéressé des enfants qui nous apprennent quelques mots dans leur langue, des motards et des vélos se positionnent à notre hauteur pour nous demander d'où l'on vient avant de nous souhaiter "Bon voyage" et "bienvenue au Népal". Quelle légèreté après les questionnements secs et répétitifs de l'Inde!

Curieux, les nepalais nous observent avec bienveillance

Les routes sont peu nombreuses dans ce pays et le trafic se résume à des vélos, les motards portent des casques pour la plupart, il y a aussi des bus. Étonnement, ce sont ceux qui viennent de face qui nous inquiètent le plus, car ils font de grands écarts pour éviter les innombrables marcheurs qui arpentent la chaussée. Au Népal, on se déplace à pied, que cela soit dit! On croise donc un nombre incalculable de femmes portant du bois en fagot grâce à une sangle qu'elles calent sur leur front ou avec des ballots d'épis de riz en équilibre sur leur tête, les hommes menant les buffles d'eau à la pâture, les enfants allant l'école, les grappes de marcheurs se succèdent inlassablement de village en village. Ceux-ci sont composés de huttes au toit de paille, entourées de bananiers. Les murs ne sont que des branches de bois, montées en palissades et recouvertes d'un crépit de terre isolante. Ils ne sont que de grandes basse-cours vivante entourées de champs de cannes à sucre, de rizières aux bordures épaisses pour retenir l'eau, plus loin, les mansardes se perdent dans le jaune des les champs de colza, et le tout est encerclé d'une jungle touffue et humide. Des arbres géants au milieux d'arbres géants, la prairie mesure 1 mètre de haut au minimum.

La national Hight Way traversant la Terai
Village du Terai, mur en terre et toiture vegetale


Les marmites des Dhabas plein de Dahl (lentille), Bahhat (riz) et Sabzi (légumes en curry) fument sur  de grand fourneaux de terre. Un foyer est aménagé à l'une des extrémité, on y enfourne le bois, sur le dessus, d'autres trous de diffèrent diamètre accueillent les casseroles, plus on veut chauffer un plat et plus on la rapproche de là ou le feu est le plus chaud. Simple comme bonjour et il a quand même fallu qu'on invente les plaques vitroceram avec commande digitale... Dans certains thé stall, des cadres de lit tressés de ficelles remplacent confortablement chaises et tables. De petites agneaux viennent se faire cajoler entre deux tétées, des poussins suivent leur mère au plumage soyeux en paillant! Jean-Da a adopté l'usage local de "manger avec 4 sens" et n'utilise plus que sa main droite pour se nourrir, formant une grappe de riz en sauce entre ses doigts, puis la poussant dans sa bouche en s'aidant du pouce. Les plus rudimentaires des commerces campagnards, se résument à des constructions de planche de bois sur pilotis (pour se protéger des rongeurs pense-t-on), avec un grand volet sur le devant, qu'on ouvre et d'où dégringolent des guirlandes de paquets de snacks, de tabac à chiquer et/ou de shampoing, de dentifrice qui s'achètent ici à l'unité. Le tout forme une boxe de 2m carrés qui sert d'échoppe, de cuisine, de lieu de sieste et d'esplanade de jeu pour les enfants. Il n'en est pas de même dans les villes qui comptent des constructions de briques voire de béton, parfois de plusieurs étages.
Dhabas, ou l'on mange a notre pause de midi


La propreté de ce pays nous surprend également. Nous ne craignons plus d'attraper des puces en s'asseyant sur le lit des auberges que nous fréquentons, insalubrité ne rime plus avec WC et les murs ne sont plus crépits des crachats de tabac à chiquer, quel soulagement! La nature aussi en profite, nous traversons de nombreux ponts sur des rivières qui ne servent pas de dépotoir géant. Les villages sont pour ainsi dire exempts de déchet et même dans les villes, les rues ne sont pas qu'un monticule d'ordure. Il faut dire que le niveau de vie peu élevé de ce pays, contribue certainement à amoindrir la consommation de produits industrialisés et donc l'accumulation de packaging à la poubelle.

Aussi l'extrême beauté des femmes m'atterre (Leo). Pour la plupart, elles portent des tuniques colorées fendues sur les cotés et descendant à mi-cuisses sur des pantalons bouffants assortis à une grande étoffe portée devant le coup. Leur grande chevelure noire et épaisse, souvent tressée ou montée en queue de cheval pour dévoiler des nuques fines, est aussi parfois lâchée et invoquent une féminité sensuelle. Minces et élancées dans leur petite taille, la dernière des paysanne a le maintien d'une duchesse de Renaissance. Souples et musculeuses à la fois. Malgré leur poitrine haute et ferme, leur proportions parfaites et leur port de tête presque sensuel, elles ne semblent pourtant honnêtement pas conscientes de leur beauté ravageuse, ce qui les rend encore plus belles. Leur visage est matte, certaines cerclent leurs yeux de noir qui soutient leur regard, les plus libérales portent du rouge à lèvres pourpre, chacune arbore le Tika, 3ème oeil rouge en dessus de l'arrête du nez et l'une de leurs narines est percée d'un bijou d'or. Les plus âgées portent un anneau à l'intérieur du nez, parfois orné de pierres semi-précieuses qui vont caresser doucement le dessus de leur lèvre supérieure, charnel. Quand elles sourient, la peau de leurs joues se plisse de plusieurs rides, laissant découvrir des dents blanches.

Note guide explique que la condition de la gente féminine au Népal n'est pas enviable (4ème ou 5ème sexe dirait Simonne), ne prétendant pas connaître les moeurs complexes de ce pays empruntes du système des castes et autres traditions pour nous incompréhensibles, ce qui rend difficile la lecture de ce qui nous est donné de voir, j'en conviens. Cependant, au long de notre parcours, nous avons pu observer des signes qui me font dire que généraliser cette donnée serait une erreur. Ainsi, nous croisons des femmes juchées sur les bicyclettes (contrairement à l'Inde ou les cyclistes sont essentiellement masculins), elles tiennent aussi des commerces. Dans les rues, il n'a pas été rare de voir des femmes se déplaçant seules ou sans supervision masculine, interpeller un homme lors d'une transaction commerciale ou quand elles ont besoin d'un renseignement ne semble pas être un problème. Lors de divers événements culturels que notre route a croisé, on a pu voir des artistes se produire avec émancipation. Une adolescente presse sa hanche sur la cuisse de Jean-Da pour se faire photographier, maris et épouses marchent généralement cote à cote, sauf pour les dames en Burka qui sont inévitablement à la traîne. Des maîtresses de maison nous autorisent à camper près de la demeure sans demander l'avis de leur maris. Les jeunes filles en uniforme scolaire laissent présager une amélioration de leur situation au niveau de l'éducation. Plus on avance dans le montagnes et plus on croisera de jeans et autre T-shirt griffés à califourchon à l'arrière des motos (et donc pas en amazone comme il est de rigueur en Inde). Les rang des l'armée et de la police comptent des femmes portant le même uniforme et la même arme (un bâton) que leur homologues masculins. Bref, les choses semblent aller de l'avant et l'étiquette de mauvais élève pour le Népal en ce qui concerne ce sujet est peut-être entrain de se décoller...

Marcheuses portant les gerbes de riz

Sur le Terai, la réserve de Bardia nous ouvre ses portes après avoir franchi le chef d'oeuvre suspendu de plus de 500m de long au dessus de la Karnali, "le plus grand pont du pays". La vie sauvage est si présente que même sans quitter la route, nous avons l'occasion de voir plusieurs troupeaux de biches et de cerfs dont certains portent des bois de plusieurs mètres, des hordes de singes à la face noir auréolée de fourrure blanche, dont l'un a effrayé Jean-Da en sautant à terre devant lui, lui montrant les dents, alors qu'il s'aventurait derrière un arbre pour se soulager. Pour ma part, même les plus petits à la face (et aux fesses) rouges suffisent à m'intimider. Je garde mes distances avec ces créatures! Goligola Tal est le royaume des papillons, des nuées s'envolent à notre passage sur le sentier de brousse autour du lac. On y rencontre quantité d'oiseaux aux formes, aux couleurs et aux chants inhabituels, dont des oiseaux du paradis laissant traîner derrière eux leur grandes plumes et des grues royales qui caquettent le bec en l'air et leur houppette en avant sut fond de nénuphars et de lotus. Une toile d'araignée de 3 à 4m d'envergure abrite un spécimen de 20cm de diamètre (pattes comprises). Heureusement, on renoncera à aller voir les crocodiles, car le lendemain, on découvre de quoi il en retourne. Des molosses de 4 ou 5m de long, la queue pleine de piques, qui se dorent au soleil sur les berge sablonneuses. L'un d'eux, au bec fin, pèche dans les banc de poissons retenus par le barrage en contrebas, qu'aurions nous fait si nous nous étions retrouves nez à nez avec l'un de ces monstres? Le seul éléphant que nous apercevrons est domestiqué, tans mieux pour nous, car ces créatures pourraient représenter un danger à l'état sauvage. Nous ne verrons pas non plus de tigres, d'ours ou de rhinocéros ce qui est plutôt de bonne augure. Il faut dire que nous campons près des villages pour éviter ce genre de rencontre inopportune. Par contre, nous croiserons la route d'un animal  curieux, une sorte d'antilope sans corne et mesurant près de 1,60m au garrot, étonnant et impressionnant, elle demeure un mystère pour nous! Notons encore que l'on partage parfois notre chambre d'hôtel avec des geckos, des carpeaux et toujours avec quantité d'insectes. L'un de nos pic-nic sera animé par la présence d'un crabe (mais que fait-il la?) et d'un serpent dont on ne sait pas s'il est venimeux ou non. Heureux l'imbécile, ne dit-on pas?
Goligola Tal (lac)


C'est bientôt les élections, tous les officiels semblent s'être donnés la tache d'expliquer à la population le système de vote, affiches géantes, distribution de traces,  haut-parleurs grésillant montés sur jeep et pièces de théâtre dans les villages reculés. Un cercle est tracé sur la terre battue de la place centrale du bourg, on joue de la musique traditionnelle pour attirer le monde, un attroupement se forme et c'est parti. La femme engueule son maris qui fait tout de travers et l'handicapé mental (pardon les copines HES-SO) donne toutes les bonnes réponses avant qu'on lui explique le procédé! Les acteurs tournent sur eux-mêmes tout en jouant, ainsi l'ensemble du public peut jouir de leur mimiques hilarantes. Oui, c'est un peu démago, mais tout le monde c'est bien marré, nous y compris!
Theatre de rue pour expliquer comment utiliser les formulaires de votation

Afin de s'opposer à cette élection, des grèves sont organisées et bloquent le trafic sur les grands axes déjà peu courus. Autant dire qu'on a la route pour nous, quelle paix et quel bonheur après la frénésie du bitume indien! Seul bémol, les cars pour touristes se débrouillent pour se faire escorter par les forces de l'ordre, quand les bus scolaires n'amènent plus les enfants à l'école. Encore une fois, l'appât du gain a encore gagné!

Tihar, est l'un des festival les plus importants pour les Hindus. Il s'étant sur 3 ou 4 jours et honnore certains animaux liés à la mort. Des balançoires (des cordes) sont attachées à d'immenses tiges de bambou nouées ensemble à plus de 15m du sol. Ce sont les carrousels des enfants népalais. La première nuit de fête, nous la vivons de façon auditive. Depuis notre toile de tente dans les collines peu après Bhatuwang, on entend les cris de joie des enfants, les pétards raisonnent, les jeux vont bon train. Dès le coucher du soleil, des tablas  (tambours) accompagnent des chants scandés par les petits, ils deviennent hystériques quand ils parviennent à arrêter un véhicule sur la route unique qui traverse le village et à soutirer au chauffeur (c'est la tradition), quelques sucreries ou un peu de monnaie. Cette fête est aussi celle des Sweets (pâtisseries de formes et de couleurs toutes différentes, mais toutes essentiellement composées de sucre, de graisse et de farine, merci pour le régime!) et nous vivons la deuxième nuit de liesse en engouffrant quantité de ces saloperies en admirant les illuminations des commerces et des habitations à Tilaurakot. Pour attirer la visite de la Déesse Lakshmi, divinité de la réussite économique, les villageois installent des lampes à huile partout, aux seuils de chaque portes, sur les machines à coudre des tailleurs, entre les fruits et légumes du stand à roulettes... tout est illuminé! Le troisième soir, on assiste à un spectacle de danse à Lumbini. Le public est constitué en particulier de jeunes hommes, c'est l'évènement de l'année et les haut-parleurs sont réglés au maximum. La speakerine à la voix horrifiante hurle dans son micro. La musique mélange des rythmiques connues avec des sonorités exotiques, Les chorégraphies sont inspirées de mouvements traditionnels qu'on ne sait pas interpréter, les costumes vont de la mini-jupe totalement déplacée (on est au Népal quand même), au pyjama, qui ici met en valeur de façon fort osée, les formes de la danseuse qui balance du bassin. Un gant à la Michael Jackson créer des émules, mais l'excitation est à son comble quand un couple de danseurs s'enlace, une clameur parcours la foule!

La balancoire de Tihar

Pas de pont pour traverser la riviere, une barque le remplacant

Lumbini est connu pour être le lieu de naissance de Siddartha Gautama, qui une trentaine d'années plus tard deviendra Bouddha après avoir connu l'opulence et la protection de son palais, rencontré le malheur de la vieillesse, de la maladie et de la mort, puis reçu l'éveille, après être resté plusieurs années à méditer et mener une vie d'ascète. A Kapilavastu, il ne reste quasiment rien du sublime palais de son père, empereur à l'époque de sa naissance, d'un puisant royaume. Toutefois, un immense cadeau nous attend devant les Stuppas-Tombes de ses géniteurs. Nous demandons la permission de photographier les lieux à un moine se recueillant là, celui-ci pose pour nous en position de bénédiction. Puis, il tire de son sac contenant tous ses biens, une plaque de chocolat dont il nous distribue les carrés, ainsi qu'à la famille de villageois présente, mettant ainsi en pratique la doctrine de L'Eveillé. Renonçant à ses propres désirs, se détachant du soi. Une rencontre plein de simplicité et de douceur. Le soir, c'est à notre tour de nous recueillir devant l'arbre auquel Maya Devis (la mère), se serait accrochée pour donner naissance. Des Shadhu (l'Hindouisme considérerait Bouddha comme la 9ème incarnation de Vishnu, se qui serait contesté par le Bouddhisme), assis en position de Lotus, entonnent une litanie murmurée, puis se perdent dans la méditation. Des bougies s'illuminent devant l'hôtel niché au creux du tronc, le tableau encadré de drapeaux à prière tibétain chatoyant laisse rêveur.
Le moine offrant du chocolat

Le tronc de l arbre sacre

Si le temple de Maya Devi symbolise le passé, le canal qui scinde le parc représente le présent de la vie qui s'écoule. Tout naturellement, la "World Peace Pagoda", construite par le Japon en souvenir des attaques atomique qu'a subi le pays, invoque l'espoir qu'une telle calamité ne se reproduise plus jamais à l'avenir. C'est là que se déroule une Rencontre Internationale pour la Paix à laquelle nous avons été, le plus naturellement du monde, invités. Les représentants des diverses communautés bouddhistes qui ont érigé de somptueux monastères sur la propriété, entonnent tour à tour des chants harmonieux et légés invoquant leur prières pour la Paix Mondiale, devant un hôtel sublimement décoré d'offrandes, face au dôme blanc immaculé de l'imposant monument.  Qu'il est intéressant d'assister à une cérémonie ou rien n'est fait en fonction des normes occidentales. Nous sommes quasiment les seuls caucasiens présents et avons du mal à nous y retrouver dans les symboliques mises en scène. Pour une fois, c'est nous les outsiders et nous voilà dans les basquettes du reste du monde, une belle leçon, tout en douceur et pleine de paix. Les démonstrations culturelles sont encore moins appréhensibles, un homme grimé et costumé comme une divinité Hindoue, danse en prenant des postures dignes de statues des temples, les mouvements de ses mains impriment des gestes invoquant les mythes auxquels nous sommes étrangers. C'est envoûtant, tout autant que la musique qui s'échappe d'un instrument dont on me connaît même pas le nom et qui tire des volutes aériennes. Le chanteur suit les cascades de notes en gamme mineure. On s'envole. Merci pour cette offrande. Nous nous sentons honorés d'assister à tout cela. Après le repas, offert bien entendu, un moine s'approche pour nous donner un port monnaie brodé... en remerciement de notre présence. Incroyable! On mijote dans la bonté aux petits oignons!
Lumbini, durant la ceremonie pour la paix mondiale

La rencontre d'un directeur d'école à la retraite, nous offrira une bouchée de vrai Népal. Je m'explique. Cet érudit visiblement passionné d'histoire-géo se met en devoir de nous indiquer tous les coins à voir dans la région, puis nous fait pénétrer dans "le plus haut temple Hindu du pays" qui serait construit sur un Pillard Bouddhiste. Après nous avons expliqué les légendes liées aux divinités nichées dans les divers hôtels, il nous escorte dans toutes les rues de Tilaurakot, nous présente l'Arbre du Peuple, un dieu se cacherait dans chacune de ses feuilles (Ça fait beaucoup de Dieux, de dieu!), réveille ses amis, anciens collègues, on prend le thé chez un, un peu de repos chez l'autre, un encas chez le troisième, on visite son jardin... Il nous présente fièrement les bâtiments officiels, ceux des ONG internationales, le portique du roi, le palais de justice, le marché, l'ashram, l'étang autrefois sacré et qui sert aujourd'hui de dépotoir, le camion pompier de la ville, la bibliothèque "l'une des plus veuille du pays!", nous amène à la prison et depuis un mirador, on peut voir les détenus vaquer à leurs taches quotidiennes. Il ne sont enfermés que la nuit, le jour, une enceinte de 1km carré compte 250 hommes et fonctionne comme un petit village: pompe à eau, échoppes. Les marchandises sont apportées depuis le monde extérieur entre les barreaux d'une grille, d'abord, c'est des pains qui sont écrabouillés entre la ferraille, maintenant, c'est le tout des poulets. Pas le temps de voir le procédé, car on se dirige vers l'hôpital public. La salle des malades hommes, comme celle des femmes sont toutes aussi désertes que le bureau des infirmiers, mais, sur le perron, des parents tiennent emmaillotés, des enfants. On nous annonce que celui-ci souffre de pneumonie, on lance vers lui des regards tristes plein de compassion... inutiles et dérisoires! On m'attire par le bras, "elle est entrain d'accoucher!", par politesse, je passe  ma tête dans l'entrebâillement de la porte. Une femme à moitié nue, les jambes écartées... je ne sais décrypter dans ses yeux s'il faut que je foute le camp avant qu'elle ne soit à nouveau sur pied pour me chasser à coups de balais ou si elle est soulagée que quelqu'un lui accorde un peu d'attention. On insiste, "entre!", "Non, non, je ne veux pas déranger...". J'essaie un "Good Luck" avec un sourire crispé et m'éclipse un peu remuée. Drôle de journée, plongés dans la réalité de ce pays que décidément, on ne fait que survoler malgré notre lent moyen de locomotion. On nous a ouvert tant de portes aujourd'hui, offert tant de clés de lecture, tant de cadeaux... sommes-nous capables de les apprécier à leur juste valeur?


Les visages changent, les faces s'arrondissent, les nez s'aplatissent, les morphologies deviennent plus massives. On oblique plein Nord sur la Siddhartha Highway et pénétrons pour la seconde fois de notre voyage dans l'Himalaya. C'est comme retrouver un être cher qu'on aime et qui nous a manqué. Le long de la large gorge de la Tinau, l'eau azure coule sous des ponts piétons uniquement suspendus à plus de 30m de haut. L'air est plus sec et aussi bien plus froid.

Tanzen est perché à 1350m d'altitude. C'est un bourg médiéval qui fut jadis la capitale du Royaume de Magar, l'un des plus puissant du Népal jusqu'à l'époque des Sharhs. Beaucoup de bâtiments sont aujourd'hui en béton et les constructions vont bon train, le tourisme se développe. D'autres maisons comportent des façades crépites de terre rouge, des niches sont aménagées dans les murs et sur la façade des balcons plein pied, sans doute pour y déposer des lampes. Les portes qui ferment les demeures, sont en réalité des planches qui barrent l'encadrement et la partie du haut est finalement close par un volet qu'on abaisse verticalement. Les fenêtres sont protégées par des Persiennes de formes géométriques et les bois qui les encadrent est finement sculpté de décorations représentant des dragons, en forme de parapluie pendant des avant-toits. Nous apprécions particulièrement la visite des temples Amar Narayan et Mahadev. Vieux de plus de 200 ans, leur toits pagode, ou poussent des herbes folles, s'empilent. Sur chaque poutre de soutènement des gravures de créatures divines, des têtes de morts, des sculptures érotiques, des personnages en position du Lotus, des faces d'animaux mystiques... Des pigeons par nuées s'envolent du pavé de grosse pierres  brutes, quand un dévot fait retentir l'une des cloches massives, finement gravées d'inscriptions artistiques pour se mettre en relation avec les dieux, des femmes se lavent et font la lessive, des pèlerins se recueillent, une famille apporte des offrandes, les jeunes gardiens écoutent de la musique sur leur téléphone portable... C'est un lieu plein de vie.

Tanzen, temple honnorant le dieux des affaires

Dans les collines, les maisons changent, elle exhibent des toits en tole ondulee

Depuis la tour d'observation flambante neuve, au sommet de la Sheenagar (1600m), surplombant le village, le panorama s'ouvre sur le massif des Anapurna, monts blanc, loin au dessus des collines vertes, des rizières en escalier aménageés dans leur partie inférieure et des maisons aux couleurs vives et au toits à deux pans en tôle ondulée qui les parsèment. Les rapaces flottent en tournoyant dans le ciel. Himalaya, nous voilà!

Massif des Annapurnas
Après notre course effrénée sur le plateau indien, nous avons pris notre temps au Népal pour rejoindre Pokhara. La fatigue accumulée ces derniers mois se fait sentir et on envisage notre longue pause hivernale avec plaisir. Plus que le physique, c'est la tête qui a besoin de repos. Les derniers mois ont étés plein d'expériences intenses, une accumulation de chocs culturels, de l'animation continues, des sollicitations permanentes, partout quelque choses à voir, de la nouveauté jusque dans les scènes les plus basiques de la vie quotidienne. Aussi notre mémoire vive semble pleine, le break devrait nous permettre de décanter tous ça, de se l'approprier. Merci aux nombreux vadrouilleurs, pour beaucoup cyclonautes que nous avons rencontrés sur les routes népalaises, les bons moment partagés ensemble, nous ont permis de commencer ce processus. Merci à Gho, Max, Alina, Lars, Kate, Yohann, Simon, Charlotte, Sylvie, Stephanie, Jim, Monikka, Snezana, Suzanna... et désolé à ceux dont on a oublié le nom, à bientôt sur les routes, à la découverte du monde!






dimanche 27 octobre 2013

Inde: Samba-Banbasa



Chaleur, humidité, dès le matin nous sommes trempés par notre transpiration, nos corps pas encore habitués à ce climat nous le font sentir. Nous sortons des collines aux allures de jungle, on fait une pause, il n’y a pas un brin d’air, suffocant, nos esprits sont troubles. On mange un peu, sans conviction, plongés dans la torpeur, trop de chaleur, on ruisselle sans rien faire.

Arrivé à Samba peut après midi, nous décidons de nous y arrêter pour la nuit, c’est une ville indienne, beaucoup de gens, de bruits, ça grouille de monde. Lors du démarchage des premiers hôtels trop chers à notre goût, Leo se verra proposer une embrassade par l’homme (l'animal dit-elle) lui fessant visiter la chambre. Ensemble nous allons trouver ce pervers qui niera tout en bloc, nos échanges animés attirent une nombreuse foule. On trouvera notre bonheur, soit, une chambre peu coûteuse et sale un peu plus loin.
Durant la nuit des coups de feu et des détonations plus importante se font entendre, je (Jean-Da) sort sur le balconnet ou notre voisin m'explique que la frontière Indo-Pakistanaise se trouve à moins de 5 km de là et parfois ils s'échangent ce genre de message. J'en ai la chaire de poule, je vais me recoucher avec un sentiment étrange. Ou sommes-nous pour que des hommes se tirent dessus, juste là-bas en face?


Rencontre de commerçants sympathiques à Dasua qui nous offrent le thé et une session internet

Le champ de foire à Hoshiapur pour célébrer, sauf erreur, la fin de la visite du Monde par Rama (une de divinité Hindoue)


Depuis Samba jusqu’à la frontière du Népal, nos journées seront quasiment identiques. Le plateau indien est une longue table de billard, c’est plat, pas une colline, de la foret, des cultures, des villages et des villes. Les indiens sont partout, à pied, à vélo, en scooter, à moto, sur un char à boeufs, en triporteur, en voiture et en camion.
Le matin on commence par boire un café qu'on prépare dans la chambre, on déjeune a coup de bol de flocon d'avoine ou de tartines. L’un de nous deux filtre l'eau nécessaire à la journée, on range nos sacoches, descendons dans la rue vélo et bagages sous les yeux fixes des riverains et on roule. L’objectif étant d’avancer, on fera en moyenne entre 70 et 100 km par jour selon l’espacement des villes ou l’on peut trouver une loge. On s’accorde une ou deux pauses grignotage, chapatis ou pain, paneer (fromage frais), légumes et fruits. Le soir est consacré à la recherche d'une chambre en accord avec notre petit budget, acheter de la nourriture, manger, monter notre moustiquaire et dormir.

Étales qui s'alignent de long de la route aux abords des villages


Toutes les actions entreprises  en dehors de notre chambre se font sous les nombreux regards des indiens, nous sommes observés en permanence, ces yeux qui se retournent pour se braquer sur nous, toujours et encore, qui s’approchent lorsque nous nous arrêtons afin de nous voir de plus près. Si les observateurs nous adressent la parole, c'est en majorité pour nous poser 3 types de question; 1 : D’ou venez-vous?; 2 : C’est ta femme? (reniflant une ouverture possible); 3: Combien coûte ton vélo? Elles sont posées sans salutation préalable! Ainsi on y répond les 3 premières heures du matin soit  à environ 30 ou 40 personnes à pied, à vélo, en moto et en voiture. Après on se renferme sur nous et on se contente d’ignorer les interpellations. Bien entendu, d'autres approches plus sympathiques seront nourries de notre part, ou l’on échange tout en pédalant.


Pour avoir un moment de tranquillité, on se cache pour manger, c’est triste à dire,  ce n’est en tout cas pas comme cela qu’on a envie de voyager et de découvrir d’autres cultures, mais c’est trop, trop de gens, trop de bruit, trop de questions semblables qui n’aboutissent à rien. Pourtant dans ce trop, il y a quelque chose de magnifique, chaque scène observée est tellement en décalage avec nos racines occidentales, chaque coup d’oeil posé sur ce qui nous entoure est tellement exotique. Ainsi sur notre route on croise une ribambelle d' enfants en uniforme bien propre se rendant à l’ecole, une moto chargée de 3 adultes tenant chacun un bébé dans leur bras, chauffeur y compris, les lits tressés de cordage posé sur le bords de la chaussée ou l'on pique un somme nuit et jour. Les restaurants fabriqués de 3 planches et quelques tôles ou l’on sert du riz au dahl pour quelques roupies, les mécaniciens attendant la prochaine crevaison équipés d’un cric et de quelques outils métalliques. 2 mètres carré suffisent pour accueillir les clients venant se faire raser ou couper les cheveux, cela se fait également sans mur, une chaise et un miroir posés  à coté de la route suffisent. Des alignements de bouses de vache soigneusement modelées sèchent au soleil et attendent d'être stockées sous un grand toit conique de paille.


Une fois de plus on nous arrête dans notre courses, une photo et quelques questions.


La route est une gigantesque fourmilière, tous les véhicules essayent de passer en même temps, sans règlement précis, la priorité étant donnée au plus gros ou celui que a le klaxon le plus sonore.
Les animaux sont également présents, ainsi les vaches reines de la route croyant que le bitume est une literie géante ou il est bon de se reposer, les chien quant à eux dorment sur les bas cotés. Les buffles d’eau semblent être heureux, qu’ils barbotent dans une marre ou qu’ils tirent une charrette. Les singes au comportement vif n’auront pas notre confiance, ils aimeraient voler notre pic-nic. Les chevaux maigres attelés à des chars trop lourd, certains boitent et d'autre épuisés s'écroulent sur la chaussée. Les dromadaires et les éléphants comptent également parmi les usagers de la National High Way empreintée par nos vélos.


Une de nos nombreuses rencontres étranges sur les routes indienne

Marre du pain toast sous plastique, aujourd'hui, on a dégotté des tandoris (galettes qui ressemblent à des chapatis) dans un village musulman. MIAM!!!


L’atmosphere parfois un peut oppressante de cette région peu touristique ou les gens se bousculent ou courent vers nous pour nous voir est peu confortable. Lors des nos achat de nourriture, il arrive qu'on soit suivit d'un cortège de curieux, nous suivant d'échoppe en échoppe. Cependant certaines chouettes rencontres ont été vécues.
Dans la petite ville de Garhshankar après une étape de plus de 80 km on s'entend dire qu’il n’y a pas de guest house. Sanjeev et Bolbenda en scooter s'arrêteront pour nous demander si l’on a besoin de quelque chose. Il nous emmèneront d’abord dans un hall de mariage dont les prix seront trop levés. Ils nous conduisent ensuite au Dharamsala Sikh ou l’on nous mettra à disposition une chambre gratuitement. En temps normal ces locaux accueillent les pèlerins, mais l'introduction faites par ces deux jeunes hommes nous sera profitable. Après une douche bien méritée, nos deux amis nous invitent pour le souper. On manger ensemble un copieux repas arrosé de bière et de “vin anglais” soit du whisky. Cette agréable soirée se finira au guidon du scooter qu'on doit absolument essayer en état d’hebrieté. Merci à vous deux pour cette agréable soirée.


Notre ami Sanjeev nous aide à remplir les papiers d'usage au Dharamsala de Garhankar



Haridwar: Le Tahli est devenu notre  plat préféré. Dans le fond, les cuisines de l'établissement.


Dans la ville Sainte de Haridwar ou la Gange sort des montagnes, des milliers d’Hindou viennent en pèlerinage pour faire des offrandes au fleuve sacré. Ils se purifient le corps et l’esprit en s’y baignant pour ensuite déposer sur l'eau un panier contenant fleurs, bougie, argent et bijoux. A la tombée du jour, le cour d’eau scintille de petites flammes chahutées par le courant. Spectacle magnifique et étrange, tolérance ou indifférence, puisque quelques mètres plus pas des centaines d’indiens récupère les offrandes en prenant et vidant les panier et en draguant le fond des eaux. Le Gange se transforme en source intarissable de trésor.


Les berges du Gange à Hardiwar, surexploitées! Du matin au soir elle accueillent les bains rituels. des centaines de mendiants occupent le sol, et il y a les vélos, les triporteurs, les motos, les passants qu' on frôle sans cesse, les vendeurs ambulants., les Shadu qui tendent la main, des étales proposer des offrandes, des temples partout diffusent de la musique et finalement, il y a les commerces usuels, soit souvenirs, restaurant, cayerie et autre. Pas très zenifiant comme expérience spirituelle...
Femmes colorées apportant leur offrande au fleuve sacré
Cérémonie du soir, Haridwar.  De la musique, chacun joints ses mains paume contre paume et entonne le couplet, de prêtres allument de grands feux qu'ils font tournoyer en direction de la rivière, puis de la foule. Peu après la tombée du jour, les cloches de tous les temples retentissent en même temps... Et moi qui m'attendais a un moment paisible de recueillement!
La foule donne le tournis

Haridwar


Les offrandes sont déposées dan l'eau et le fleuve s'illumine



Banbasa sera le dernier village indien, il nous permet de rejoindre la frontière népalaise. La minuscule route non-goudronnée nous emmène sur un digue étroite ou seuls les vélos et les piéton circulent. Cela laisse à supposer que le poste de frontière va être minuscule. Cela me donne un coup de stress, nous n’avons pas de visa pour entrer au Népale, comment vont-il nous en délivrer un? Je doute qui'il y ai un ordinateur pour l'imprimer. Devant une cahute, le fonctionnaire indien dépose le tampon de sortie du pays. On roule 1,5 km sur une piste piétonne ou il y aura 3 barrières ouvertes. On s'arrêtera à la dernière en demandant au soldat si l’on peut passer. Oui il nous fait signe d’avancer. Voulez-voir notre passeport? Non. Nous aurions pu sans problème rentrer su Népale sans pièce de légitimité. Je lui dit qu’on a pas de visa, il nous indiquera un petit baraquement 300 derrière nous. Un homme en caleçon nous donne 2 formulaires à remplir. J’observe le bureau, il manque un ordinateur ou une imprimante. Comment va-t-on avoir notre visa? Simplement en collant un autocollant et en posant un tampon, voila notre visa!
On fait donc nos premiers mètres sur le territoire nepalais.



L'esthétisme des femmes indienne dans les campagnes



Salut l'Inde, dans quelques kilomètres nous passons la frontière

Bienvenue au Nepal: Bananes et barbes à papa, quel régime!