Durant les deux semaines passe seul à Pokhara, Jean-Da a pratiqué le Macramé avec passion
Journal de bord Léo, le 1er février 2014:
14h43, ça y est, j'y suis. J'ai trouvé au fond de mes sacoches une photo passeport à apposer sur le formulaire d'entrée, je mange la dernière morse du pain qu'il me reste, je fourre mes livres, mes stylos, mon briquet, la nourriture non-périssable que j'ai apportée, mes photos souvenir, mes documents personnels, mon miroir de poche, tous ces objets interdits dans le centre, dans un sac numéroté que je récupérerai à la sortie. Et je saute le pas, j'arrête de penser, me laisse aller à l'ambiance amicale qui règne pour l'instant et puis à 17hoo entrerais dans le silence, et puis vivrais 10 jours de découvertes, après ...on verra. A bientôt!
Je (Léo) n'avais pour ainsi dire pas de présupposé en arrivant au centre Vipassana de Begnas (près de Pokhara), j'y allais la fleure au fusil, craignant certes un peu de souffrir du manque de nicotine, d'angoisser à l'idée de ne pas avoir accès à mon bon plaisir à la nourriture, de m'ennuyer dans le "noble silence" qu'il faut respecter en ces lieux. Je pensais, naïvement qu'au cour de cette retraite, on m'apprendrait des trucs un peu magique, des astuces qui m'aideraient à gérer mes blessures, mes tourments, toutes ces choses qui polluent perpétuellement et incidemment nos esprits et envahissent notre environnement directe, pourrissent nos relations et nous plongent dans l'amertume, les rancunes, les regrets et le mécontentement. Je pensais donc qu'on m'aiguillerais sur une force mystique qui en prendrait soin à ma place et me déchargerait de ce fardeau. Erreur! Même si cette idée, qui arrangeait bien mon esprit, m'a aidé à concentrer mon attention durant les premiers jours de méditation pendant lesquels il faut rester assis, si possible immobiles 11 heures par jour, je me suis vite aperçue que les choses n'allaient pas être si simples, Nous sommes seuls face à nos sensibilités et c'est à nous seuls d'en faire quelques chose (ou de n'en rien faire).
Les pensées m' assaillent sans relâche et personne à qui les confier, je rumine de plus en plus. Parfois l'émotion m'envahit sans raison apparente. J'ai mal au dos, aux genoux, je dors pendant les "pauses" pour m'économiser au maximum. Facilement, j'ai accepté les règles du centre (ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas avoir d'inconduite sexuelle...).
Deuxième jour, repas de midi, mon esprit est ailleurs, il gambade vers Pokhara, vers Jean-Da. J'avale la dernière bouchée du délicieux Dahl Bhaath qui nous est servi quotidiennement, repose la cuillère dans l'assiette, sursaute, trop tard, je viens d'écraser le moustique qui s'y était posé. Électrochoc, l'inattention entraîne parfois des conséquences mortelles. Leçon amère, je respire, je reprends, me rassemble, ici, maintenant, avec conscience et application.
Troisième jour, me voilà la gorge serrée incapable de demander un supplément de nourriture aux très gentilles serveuses qui veillent sur nous autres méditantes (les femmes sont séparées des hommes). Je me comprends pas ce qui m'arrive, je découvre l'humilité. Ne rien posséder, accepter de s'en remettre à... A quoi? Dans Vipassana, il n'y a pas de dieu, pas de divinité, pas de maître spirituel, pas de loi incontestable. Il s'agit d'accepter, d'accepter de faire confiance, une confiance absolue dans le gong qui sonne les heures sans retard, les cuisiniers qui remplissent en suffisance chaque jour nos estomacs, la bienveillance des assistants qui nous encadrent, les directives données par le professeur pour évoluer dans notre pratique... les suivre sans les comprendre parfois, pour se donner une vraie chance d'expérimenter pour soi-même et de vivre pleinement l'expérience, tester honnêtement si cette technique nous convient. Je n'en remets donc, oublie de m'inquiéter de la logistique, ma tension baisse d'un cran, j'approche du calme véritable.
Quatrième jour, ça fait deux jour que mentalement j'observe les sensations sur le corps, pour cadrer mon esprit qui parle tout seul en permanence, je me force à nommer chacune d'elles... Je découvre qu'il y a plusieurs esprits à l'intérieur de ma tête, car quand l'un d'eux est bien concentré dans la méditation, une seconde voix parle de lessive, imagine la fête de Jim à laquelle Jean-Da participe, tout là bas, à Pokhara. Le professeur dit que quand on prend conscience que l'esprit divague vers le passé, invente l'avenir, il faut l'accepter, se pardonner et reprendre avec conscience ici et maintenant. Voilà que le troisième esprit qu'habite mon cerveau se met à écouter la radio! Je reprends!
Cinquième jour, j'ai tellement mal au genoux que je ne peux plus marcher à la sortie de la méditation, les étirements pendant les pauses ne parviennent pas à soulager la douleur, j'ai peur. Et si cette immobilité prolongée blessait mes articulations, cela remettait en cause mes capacités à pédaler! Remettrait en cause mes capacités à poursuivre le mode de vie que je me suis choisie! Je craque, je veux partir. Merci à Mimi et au professeur pour m'avoir écoutée et aide à trouver des solutions.
Sixième jour, je n'ai toujours pas été au toilettes depuis le début de la retraite, l'immobilité a endormi mon système digestif, pourtant j'ai totalement arrêté de manger du riz depuis cinq jours. fatiguée, je laisse mon esprit divaguer à sa guise pendant les 11 heures de méditation et je découvre par magie que je suis tout à fait capable de rester immobile aussi longtemps sans douleur si je bénéficie de mon petit divertissement intérieur. Les douleurs sont dont crées (en partie du moins) par l'esprit qui se rebelle et en veut pas se la boucler, s'apaiser et veut continuer à nous diriger et créant toutes ces histoires artificielles qui nous tournent continuellement dans la tête.
Septième jour, voilà que maintenant, il faut être conscient dans l'ici et maintenant même en dehors des heures de méditation, du réveil au couché, accepter le présent sans aversion, sans passion, éviter les réactions. Non mais sérieux C'est quoi cette vie??!! Oublier ses souvenirs, ne plus se réjouir de rien? Vivre avec un électrocardiogramme plat, non merci! Ces gens sont cinglés, ce guru est allumé, je me casse d'ici! Tant mieux pour eux s'ils veulent se rendre légumes, mais je ne suis pas de cette trempe. Volontaire, décidée, enthousiaste, dynamique... Allez plus que 3 jours à tirer, me dis-je. Je reste. Mes doutes resurgissent au soir du huitième jour, le
discours du guru S.M.Goenka que je juge prosaïque, me sort pas les oreilles.
Vipassana c’est bien, Vipassana te rendra heureux… Mes dents grincent. Plus que
2 jours!
A midi, le dernier jour, on peut reparler, j’en suis
incapable, trop d’emotions. Je ne me sens pas soulagée, pas enchantée non plus,
juste calme, très très calme, très très présente, très très centrée, mon esprit
n’a jamais été aussi serein de toute ma vie. J’ai adoré le”nobe silence”, il
permet d’atteindre une paix intérieure qu’il est impossible de décrire. Des
échanges très riches avec d’autres méditants et des serveurs me permettent aussi d’eclaircir
mes doutes et mes interrogations théoriques en lien avec cette technique. Je
conseille cette expérience à tout un chacun. Concrètement Vipassana est
accessible à tous, puis qu’il existe des centres dans le monde entier. C’est
une formidable aventure, plutôt corsée et pas mal engagée qui offre une
opportunité de mettre les choses en perspective, de les envisager avec un point
de vue diffèrent.
Village de Bhyaguteani
Le 12 février. Jean-Da me rejoint à Bhyaguteani avec un colis de Suisse envoyé par ma famille et pour fêter nos retrouvailles, nous partageons avec Audrey et Tom, deux méditants rencontrés au centre une bonne fondue et du chocolat. Tom Germano-polonais est aux anges en dégustant les douceurs offertes par Ewa (merci belle soeur!). Tous les quatre, nous séjournons une semaine dans ce village en compagnie de Mirto et Koray (aussi rencontrés dans le cadre de la retraite méditative). Jean-Da en profite pour parfaire ses connaissances en macramé avec l'aide de 'Mirto qui excelle dans le domaine. Celles-ci avaient été déjà bien éprouvées au cours des 15 jours qu'il a passé seul à Pokhara.
Mirto et son maris nous offrent des cafés-concerts sur le perron de la maisonnette qu'ils ont louée pour les mois d'hiver avec vue sur les montagnes et le lac en contrebas. Audrey quant à elle m'apprend le crochet et avec Tom, nous pratiquons, comme préconisé, deux heures de méditation quotidienne.
Vue depuis la maison de Mirto et Koray
La vie au village nous plaît. Les enfants nous ont adoptés. Ils nous prennent pas la main
quand ils rentrent de l’école, nous entraînent vers leur maison, dans leurs
jeux. Pas besoin de mot, c’est le règne du pantomime (Anne-Marie, tu aurait
adoré!) Deux élastiques et voilà un touche-coulé, une feuille au bout d’une
brindille et nous nous transformons en tacots à élises, des pétales de fleurs
découpés, nous forment de longs ongles rouges… Les avions en papier finissent sur le toit, on construit des boites
en carton pour ne rien y ranger, juste pour le plaisir, les fillettes nous
garnissent de fleurs, l’une d’elle ne sort qu’en robe de princesse, elle est à
croquer! 1-2-3, partez, feu! Souffre toujours d’un faut départ, qu’importe, ce
qui compte c’est courir, personne ne s’en offusque. Regina et Prokitty nous
apprennent des pas de danse traditionnelle, on fait l’avion, le “tromelet”, des
roues, on se couratte, se bagarre pour de faux (comme Renau), on tombe
inanimés, on se relève en criant, provoque des cris apeurés, des rires. Les
regards complices s’echangent. Au fur et à mesure des jours, une relation se
créer. Les plus petits viennent chercher des câlins avec une naïveté qui ne
connaît pas les différences et les restrictions de la distance relationnelle,
quel bien ça fait! Jean-Da drille les plus grands sur les règles de 1-2-3,
Soleil! A chaque arrête, ils se figent, l’air sérieux, et concentrés, se pincent
les lèvres pour ne pas rire, leur yeux pétillant les trahissent. Ces enfants
sont déconcertant de bonté, loin de venir quémander (genre “give me one pen”),
ils accourent pour partager avec nous les biscuits qu’ils reçoivent de leur
parents. Ils observent avec attention comment ont fait les bracelets qu’on leur
offre et se mettre à l’oeuvre pour nous donner en retour des colliers de fleur
fraîches.
Les yeux complices
L’eau est coupée depuis plusieurs jours, On fait des
aller-retours dans le village à l’instare des femmes chargées de cette tâche. Le
réservoir d’eau est devenu un point central de la vie du hameau, on s’y lave,
on y fait la lessive, on y croise ses voisins… Jean-Da s’est procuré une Dogo (hotte tressée de fines lamelles de bamboo très résistant qui se porte grâce à
une sangle sur le front). Il a un succès fou parmi les ménagères. Sur le chemin
de cailloux qui traverse le village, Jo, le chien nous accompagne et chasse
devant nous mère poule et ses poussins, les brebis nées il y a deux jours…
On connaît ou se trouve la maison des uns et des autres on se salue, on a l’impression
de faire partie de la communauté.
Le temps est à nouveau au beau fixe, avec Tom et Aurdey, on part pour un petit trek de 6 jours en direction des Annapurnas. Pour nous, pas de haut sommets, le gouvernements népalais a vu à la hausse les prix des permis de trek et nous les jugeons surfaits. De plus, après concertation, nous en sommes arrivés à la conclusion que nous refusons d'adhérer à l'idée de payer pour admirer en toute simplicité les beautés de mère nature, qui ne devrait jamais devenir un bien de consommation! Nous suivons donc l'itinéraire du Royal Trek qui décline une boucle autour du lac de Begnas en passant par de petits villages très peu courus du tourisme. De ce fait et aussi grâce la Dogo portée par Jean-Da, nous recevons un accueil chaleureux de la part de la population locale. Les gens sont enchante de voir des étrangers adopter leur méthode ancestrale de portage, nous félicitent, nous encouragent, gloussent et babillent entre eux le sourire aux lèvres en nous regardant passer.
Jean-Da et sa Dogo sur les chemins caillouteux entre Tiwaridanda et Arba
Nous sommes dans les collines et notre itinéraire me fait que monter et descendre entre les fonds de vallées ou sillonnent des rivières au lit de galets. Le soir, on loge dans de petites Guest House et dégustons de bons Dahl Bhaath préparés par la maîtresse de maison. A Sahure Banjang, il nous est servis sur des paillasses de tiges de riz tressées, dans l'arrière cours de la maison familiale. Croulant sous nos compliments, la cuisinière est ravie. Un sourire lui mange la moitié du visage. On se voir sans cesse resservir avec générosité et abondance, ici, on se sent plus invités que clients. D'ailleurs c'est tout naturellement que la postière du village entre dans notre chambre pour se présenter et nous souhaiter la bienvenue, et que le meunier nous fait visiter le moulin électrique qui réduit en farine le millet fraîchement récolté.
Devant la Guest House de Sahure Bhanjang avec notre hôtesse
Par des marches d'escalier en pierre brute, on parcours des villages d'un autre temps, maisons de pierre, toits en ardoise qui surmontent un petit balconnet qui abrite des ruches. Le dessous des meules de foin en plein air constitue l'apprit des chèvres que leurs petits tetent en secouant la queue. Les buffles qui ne sont pas attelés au charrues d'un âge lointain pour retourner la terre de champs et la mélanger aux fumier apporté la à dos de femme, nous regardent passer attachés dans leur étable. Simple toiture qui surmontée de quelques pieux. Des coqs flamboyant picorent aux alentours. Le Népal est un pays de marcheurs, une multitude de sentiers sillonnent les espaces entre les villages, nous voilà un peu perdus. Pas d'inquiétude, la bienveillance locale nous remet en piste.
Vue sur les montagnes, entre Lipeany et Tiwaridanda
Toutes les collines alentours sont taillées de rizières en escalier qui dévalent les pentes depuis leur sommet jusqu'au rivières qui zig-zagent dans le fond.
Les rizières entre Lipeani et Tiwaridanda
On s'approche de plus en plus des montagnes et Fish Tail qui paraissait
haut perché (6993m) fait maintenant figure de petit Pousset encadré par
ses voisins Annapurna I (8091m) et Annapurna II (7937m). La partie
sommitale est si verticale que la neige n'y adhère pas, c'est un roc gris
qui pointe vers le ciel.
Vue sur Fish Tail entre Tiwaridanda et Arba
A Arba, aucune Guest House, on dort chez l'habitant. Tous les enfants du village se sont donnés le mot et viennent voir ses étrangers qui ont élu domicile chez les voisins. On se relaie pour fabriquer à chacun un petit bracelet en souvenir de notre passage.
Cette immersions dans la vie campagnarde dévoile à quel point ce sont les femmes qui font tourner le monde. Ce sont elles qui apportent l'eau, cuisinent, élèvent les enfants, s'occupent des animaux, rapportent le grain et les légumes depuis les champs. La premier fille de notre hôtesse est absente, elle n'a que 18 ans mais cela fait 2 ans qu'elle habite dans la famille de son maris à 2 heures de route. Combien d'enfants a-t-elle déjà porté?
Femme portant des végétaux pour tresser des paillasses ou remplacer le toit de chaume de sa maison
Après un Dahl Bhaath déjà copieux, nous sommes entraînés chez les voisins pour goûter à une nouvelle spécialité. La pâte de millet chaude, ça donne des forces nous dit-on. C'est violet, impossible à mastiquer, rugueux sur le palais et ça coince dans la gorge au moment d'avaler. Découverte gustative accompagnée de Raksi maison, distillé par notre hôtesse.
La fine équipe au pied d'un arbre sans doute plus que centenaire aux racines aériennes. Village de Arba
Yanjankot se situe sur le trace du trek des Annaprnas, on nous y réserve un accueil bien moins chaleureux, intéressés surtout par le contenu de nos porte-feuilles. On prend conscience a quel point l'alcool est un réel problème pour beaucoup d'hommes de ces campagnes, 9h00 du matin et nous voilà déjà importunés par un ivrogne. Quand ils sont saoul, les népalais perdent toute la finesse, la discrétion, la politesse, la sagesse qui les caractérisent, le contraste est troublant.
Notre itinéraire traverse plusieurs ponds de corde suspendus donc certains mesurant plusieurs centaines de mètres
Sur le chemin du retour en direction de Bhaguteani
Nous voilà à nouveau à Bhyaguteani, c'est le moment de nous quitter.
Tom à qui Jean-Da a offert sa Dogo part à pied en direction de Kathmandu
pour poursuivre l'aventure villageoise. Audrey rejoint sa mère qui
atterrit sous peu dans la capitale népalaise. une dernière partie de jeu
avec les petits du village, nous saluons Mirto et Koray et nous nous élançons sur la Prithvi Highway.
La route entre Pokhara
et Kathamandu est meilleur que nous ne l'avions craint. C'est un long
ruban de vie, habité sur presque toute sa longueur. Des commerces, des tea-stall, des restaurants la bordent sur des kilomètres et puis les villages s'espacent quelque peu. En Europe, il s'agirait d'une route de campagne, suivant le tracé des rivières, elle ne fait que monter et descendre, derrière les habitations, les champs s'élèvent aussi haut que les pentes des collines le leur permette. En passant, on aperçoit les enfants jouer sur le bas coté et les femmes se laver aux abords des pompes à eau. Pour le Népal, c'est un axe principal de commerce national et les entreprises en construction s'espacent à intervalle régulier, des camions chargés de matériel et surtout des bus locaux et des mini-vans bondés de touristes nous doublent fréquemment. Plus on approche de Kathmandu et plus le trafic devient intense. Des glissements de terrain ont été dégagés dernièrement de la chaussée et l'ont laissé défoncée et poussiéreuse. On se protège les voies respiratoires pour en pas asphyxier et acceptons résignés les klaxons continus des véhicules cherchant à nous dépasser.
Par hasard, on arrive en ville par Durban Square. De nombreux temples en pagode s'élèvent, des femmes chantent en coeur, tapant des mains, le son des cloches raisonne, installés devant les racines aériennes d'un arbre ancestral, des Shadus grimés se prostituent, des mendiants dorment sur les pavés de la place, des touristes objectifs pointés mitraillent. On s'installe dans une auberge en attendant François et Isabelle, deux amis suisses qui viennent nous rejoindre pour une semaine, ce qui nous laisse un peu de temps pour prendre soin de la logistique... le 19 mars, nos bagages, nos vélos et nous mêmes, prendrons la voie des airs pour rallier la Chine et poursuivre l'aventure à bicyclette. Ce départ prochain nous demande quelques démarches administratives et des encartonnages en règle ( merci Jean-Da).
Arrivée à Kathmandu, Durban Square
L’appartement que nos amis ont loué pour nous, se situe en plein coeur de Tamel dans une bâtisse ancienne, abritant jadis un monastère. Aux murs,
des peintures typique de l'architecture bouddhique égaient le lieu d’une
atmosphère sereine, propice à nos retrouvailles. La distance et le temps n’a
rien entaché de notre amitié. C’est avec générosité que le partage d’experiences
s’instale. Malgré les directions différentes prises par chacun et l’evolution de
nous tous dans nos manières de penser, d’agir et d’envisager les choses, nous
nous portons mutuellement un intérêt véritable. Nous discutons de nos vies
respective avec enthousiasme, générosité et franchise en évitant les jugements de
valeur, heureux de nous redécouvrir. Cette visite constitue à nouveau un
immense cadeau, un authentique témoignage d'amour. Merci les ami, vous êtes incroyables, nous aussi nous vous aimons!
Nous profitons un maximum des commodités de Kathmandu, bars,
restaurants, cinema (Boliwood!), terrasses tranquilles. Nous visitons parcimonieusement les
monumentsofferts par la capitale, dont le
Temple Swayambhu, peint des yeux de Bouddha qui veillent sur la ville. Les
jeunes moines en rouge jouent au foot sous les drapeaux à prières, faisant
parfois fuir quelques singes gourmands. Exotisme qui a touché la sensibilité de
nos amis, nous sommes heureux que ce changement de décor leur plaise.
Temple Swayambhu ou Monkey Temple, Kathmandu
Nagarkot est un village au sommet d’une colline à 30 km de
la capitale. L’esprit aventureux, nos amis me demande de les y emmener en bus
local. Ils découvrent le manège “du controleur” braillant, pendu à l’exterieure
de la porte coulissante du véhicule, pour alpaguer les clients. Une flopée
d’adolescents montent en marche, nous voilà serrés comme des sardines. Ils ont
beau être bien fagotés dans leur uniforme scolaire que Isa adore, ils se comportent
comme le veut l’adolescence. Une casquette stylée vissée sur le crane, une
touche de rouge à lèvres, du parfum en pagaille, une boutonnière négligée pour
dévoiler un bout de torse, constituent leurs effets mode. Bientôt, ils extirpent
d’un sac d’école, exempt de livre de cours, une radio à pilles et ACDC grésille
dans l’habitacle. Ça sent les hormones, les plus courageux scandent des discrets
HE! HE!. Fantastique coup d’oeil sur la réalité de la jeunesse à la nepalaise
que je suis heureuse de partager avec Francois et isabelle.
Il est 5h30 du matin quand on s’instale sur un banc face au
massif himalayen. Le soleil se lève sur les pics rocheux et enneigés qui
paraissent à la fois minuscules (parce que loin) et immenses. Des Annapurnas à
l’Everest, on s’offre un panorama de carte postale. Un moment de communion
entre nous, émerveillés, en admiration devant le mère des montagnes.
Les trois amis au petit matin devant l'Himalaya
15 mars, c’est déjà la fin. Franco et Isa repartent comme ils
sont venus, prochaine étape pour eux, la Birmanie (Myamar). Leur présence semble avoir été
irréelle, trop éphémère pour réaliser, tout c’est produit en un claquement de
doigts. Ils me manquent déjà, je suis triste et heureuse, ils m’ont offert leur
présence, le plus beau des cadeaux, merci!
C’est Holi! Un festival hindou dont malheureusement on ne
sait pas grand chose. Vêtus de nos habits les moins dommage, on se dirige vers
Durban Square ou la fête bat son plein. Depuis les toits, on reçoit des seaux
d’eau, dans la rue, chaque passant nous tartine le visage de pigments colorés.
Des groupes de jeunes maquillés scandent les bras levés au ciel, des hommes font tourner dans les airs au
son des tambours, de longues cannes de bamboo ornées de bandes de tissus flottant et de
queue de yaks, des haut-parleurs crachent de la musique électro. Partout, ça dense, ça
boit… Nous traversons la place à grand peine, comprimes dans la foule
compacte, rein ne va plus, c’est la folie au Népal!
Avec Shirine (Cyclo caadienne rencontrée à Pokhara) et Kevin ( son copain)
Happy Holi!!!!!
Ce soir, l’equipe nationale de criquet se confronte à
celle de Hong Kong, c’est la première fois qu’elle participe au championnat du
monde qui se déroule cette année au Bangladesh. Cela augmente encore la
frénésie ambiante. Quelle chance de prendre part à un tel événement. On décuvre
la fête à la népalaise, l’allegresse. C’est un peu notre Carnaval!
Cela fait quelques semaines que nous sommes à Pokhara, nous avons mis de coté nos routines voyageuses pour goûter un instant à la vie sédentaire. Nous avons rapidement créer des liens amicaux et nous dormons toutes les nuits dans la même chambre à 3 frs, quelle repos.
Barques au bord du lac, Pokhara
Le 22 décembre, on ancre nos racine plus fortement dans cette ville puisqu'on s'installe dans un appartement de 3 pièces. 2 chambres à coucher, un salon, une cuisine, 3 salles de bain, le tout est meublé et les balcons ont une vue sur la chaîne de montagne. Quelle luxe!!! Cependant, l'évènement qu'on va vivre au sein de ces murs est de taille puisque demain, on va avoir des visites.
Le soir même de notre aménagement, on fête notre pendaison de crémaillère avec nos amis voyageurs en organisant un souper canadien.
Le 23 décembre, nous allons nous poster au bord de la route sur le lieu de rendez-vous, rempli d'émotion et d'impatience. Nous observons tous les taxis et mini-bus avant que l'un deux ne s'immobilise à notre hauteur. Assis à l intérieur, se trouve les parents de Leo ainsi que sa grande tante, nos retrouvailles seront écourtée par un urgence WC.
A peine arrive à l'appartement, nous sommes invité à l'ouverture de leurs bagages, car hormis leurs effets personnels, un grand volume nous est destiné. Pièces de vélos, matérielles de camping et des produits bien de chez nous, chères à notre coeur et à nos papilles gustatives: vacherin, fondues, chocolats, vins, viandes séchée...
La famille de Leo nous transmet beaucoup de salutations, des anecdotes, des histoires, de nos famille, amis et connaissances, c'est un délicieux moment de partage qui nous permet de se reconnecter à nos origines et aux personnes que l'on aime.
On mange une fondue au Nepal???
C'est autour du vacherin (merci Dodo et Mémé) que l'on organise l'apero de Noël avec famille et amis, ces derniers sont suisse, français, voyageur au long-cour qui se délectent d'un si bon fromage qu'on apprécie à sa juste, voir "haute" valeur, tant ces aliments nous manquent.
Leo se glisse habilement dans la peau d'une guide touristique pour faire découvrir Pokhara et ses alentours à sa famille présente. Elle a plus d'une corde à son arc, elle n'est jamais à court d'idée pour proposer des visites et des activités en incluant les envies et besoins de chacun. Ainsi elle les emmènera au centre ville, au vieux quartier commerçant, admirer les temples Hindu, à pied, en bus local et an taxi. Au périphérie de la ville, ils iront au musée international de la montagne ainsi qu'au Choelin Gompa, le temple Tibetain dont les prières s'accompagne de nombreux instruments. La traversée du lac se fait à la rame pour rejoindre le chemin pour monter à la Peace Stumpa trônant sur une colline plongeant dans les eau calme du lac.
Leo est ces parents a la Peace Stumpa
En dessus du temple Tibetains
Durant la période de fin d'année, Pokhara accueil le Street Festival dont plusieurs dizaines de milliers de népalais assistent. Musiques, danses traditionnelles sont à l'honneur dans la rue, les défilés en costume typique se poursuivent durant toute la journée jusqu'à la tombée de la nuit ou la, les nombreux stands de nourriture et de boisson poussent le volume de leurs hauts-parleur au maximum.
Street festival, Pokhara
Durant 4 jours, je (Jean-Da) construit nos nouvelles roues de vélo, heureusement que je suis sous l'oeil attentif de Reto et Philippe qui me guiderons sur la façon de procéder.
On fait le plein de calorie, repas copieux à la maison (merci Charly) ou au restaurant arrosé de quelques verres de vins, notre routine alimentaire en prend un coup!!! Apero au Gin, pousse café au Whisky, nos corps plus habitué à ce régime montre des signe de fatigue et de saturation.
5 minutes avant la nouvelle annee avec famille et amis
Que le temps passe vite!!! Plus que quelques jours avant leur départ, ils seront bien rempli, entre les achats de souvenir, une pauses café ici, un apero par la sur une terrasse, un petit "Skype" avec les grand-parent de Leo (Merci Jannine).
C'est en vélo qu'on se rend au Lac de Begnas soit plus de 30 kilomètres aller-retour sur une route étroite au trafic soutenu. Nous sommes heureux de leurs faire goûter un peu notre quotidien, ou les enfants à notre passage nous crie de joyeux "bye-bye" et certain nepalais viennent à notre contacte tout sourire pour nous demander d'ou l'on vient et ou l'on va. Une fois au bord de l'eau, installé à une table, on patientera plus de 2 heures pour qu'on nous amène notre repas.
En route pour le lac de Begnas
Lac de Begnas, paisible
C est déjà le moment de ce dire au revoir, ému à en perdre notre latin, je ne sais plus comment s'appelle la maman de Leo (desole Brigitte), l'avion devant les emmener sur Kathmandu est en retard, c est donc en bus qu'ils se rendrons à la capitale du Nepal.
Quelques jours plus tard, c'est mon frère Christophe et sa copine Fabienne qui arrive, la nuit précédant leur atterrissage a été blanche, tant j'étais exciter et impatient. Le jour "J", je suis sur le toit terrasse du petit aeroport, au troisieme petits avions qui atterrit je les vois sortir de la carlingue, mon coeur cogne fort et de larmes roulent sur mes joues. On se prend dans les bras, ils ont fait bon voyage, ils sont ici, je suis rassure et content. Une année que l'on ne c'est pas vu, les discussions abondent, on prend des nouvelles des uns et des autres, magique!!! Dans leurs bagages, ils transportent de quoi remttre à jour notre trousse medicale, des pièces pour nos sacoches ainsi que du chocolat ( merci Jacqueline et Jean-Jaques), du vin de chez nous (merci Bea et Pascal).
Fabienne. Christophe et moi devant le buffle sacre, vehicule de Shiva
Les premiers jours on se balladent ensemble le long de la ruelle touristique, au bord du lac, un thé par-là, un dal-bhat ici et pourquoi pas une thumba là-bas (millet fermenté qu'on noye dans l'eau chaude).
Sarangkot, petit village posé en nid d'aigle sur une collinne d'ou l'on a une vue sur la chaine des Anapurnas!!? 3 heures de montée intensive par un chemin en escalier pour avoir le cadeau de voir ces geantes de montagnes de plus près. L'ascension se fait au soleil, mais une fois en haut on decouvre que le spectacle promis est noyé dans les nugaes, dommage.
Depuis la tour d'observation de Sarangkot, arriere plan nuageux
Suite a une journée pluvieuse à faire du lèche vitrine, on découvre le lendemain une atmosphère limpide, le massif à reçu une crachée de neige ainsi le blanc frais contraste merveilleusement avec le bleu du ciel. Nous avons jamais un coup d'oeil aussi net sur les montagnes, c est impressionnant. Nous décidons de nous rendre dans le coin enchanteur du lac de Begnas pour passer une paisible demi-journée à jouir du paysage.
Vue depuis notre balcon
Leo prendra quelque jours afin de concocter notre dossier pour obtenir des visas chinois et mongol, loin d'être une ciné-cure, elle mettra tout en oeuvre et toute son énergie pour la bonne conduite administrative de la suite de voyage.
Petite pause dans les escaliers allant a la Peace Stumpa
On passe plusieurs soirée dans le salon ou la cuisine à siropter du thé ou du café en papotant. On aura également de bon moment de franche rigolade autour de jeux. Merci chritophe pour le mime des Lego.
Les jours passent, deux semaines qui n'auront durer qu'un batment de cil, c'est déjà le moment de se dire au revoir. Dernière parole à l'arrêt du bus et Fabienne et Christophe s' en vont...
Hagard, nous nous retrouvons seul Leo et moi, que c'est-il passer durant ce mois qui a passé si vite et qui fut si riche en émotions? Avons-nous rêve?Non, non, nos famille sont belle et bien venues nous visiter au Nepal, c est grand, c'est ENORME!!!
On tient vraiment à tous vous remercié d'avoir pris du temps pour venir ici, pour collecter le matérielle dont nous avions besoin. On vous remercie également pour tous les "bonjours" de notre part que vous allez transmettre à nos proche et nos amis ainsi que des kilos de souvenir que vous avez rapatrié pour nous. MERCI, MERCI, MERCI...
Clin d'oeil pour Fabienne, bien joue pour les vêtement à Kathmandu!!!
Le lendemain du départ de mon frère et sa copine, on va se réinstaller dans notre chambre a 3 frs à la "News Parents" guest-house ou Stani et Richard en route à vélo depuis 9 ans nous acuielle avec un café et des pâtisseries.
Pokhara, quel accueil! Jim, notre compagnon himalayen est là, il s'empresse de nous installer dans une pension confortable puis nous trimballe dans tout Lake Side (artère touristique longeant le lac de Fewa) pour nous présenter à ses amis commerçants, nous indiquer les meilleures enseignes, les points d'eau potable... La boulangerie dont on a entendu parler jusqu'à Lumbini offre vraiment de bon gâteaux au chocolat et on trique attablés tous trois devant des steaks (végétariens pour Leo) qui ont tellement fait saliver Jean-Da dans ses rêves depuis des mois.
Au petit matin depuis le toit terrasse de l'auberge, le paysage pique les yeux et serre la gorge. La Peace Pagoda, sur une arrête de colline arborisée, reçoit les premiers rayons du soleil. Plus bas, des vapeurs s'élèvent du lac où flottent des barques multicolores à rames. Le village (on peut considéré ce quartier de Pokhara comme un village en soit) s'éveille calmement. Ça y est, nous y sommes. Pokhrara, les vacances, le relâche, les accommodations confortables, l'ambiance détendue, la routine, les cafés et autres restaurants qui s'occidentalisent en gardant cependant leur trais d'authenticité, les douches chaudes, la sédentarité, le temps libre, la nourriture variée...
Fish Tail (queue de poisson en népalais), 6993m qui émerge au dessus de la ville.
C'est ça être au pied de l'Himalaya??
Machhapuchhre (Fish Tail) depuis la réalité de la ville de Pokhara
Comme à chacun de nos arrêts, nous avons quantité de tâches à effectuer, mais celle-ci est spéciale. Nous resterons au moins 2 mois dans la ville et avons donc le temps de les remplir sans se presser outre mesure. Grâce à cette décontraction de voyageurs au repos, nous avons la chance de faire la connaissance d'une ribambelle d'autre travelers de tout poil et de tous horizons. Échanges d'expériences, conseils mutuels, discussions passionnantes, service rendu et reçus, pots partagés, rigolades... Il y a (entre autre) Garahm qui nous fait rêver avec ses photos du Ladak, le trio féminin Suzanna, Stéphanie et Monikka qui apprennent le Tango avec Jim et égaient nos soirées, Peter qui avant de s'envoler pour l'Inde, nous offre des kilos d'épices car il est déjà chargé de son tandem dont le deuxième siège sera occupé par sa femme chérie qui l'attend la bàs, Nathalie et Gaetan en tandem aussi, Snezana une cyclo-écrivaine qui parcourt le monde en solo depuis 3 ans, Venda et Karen avec qui nous irons explorer les hauteurs de Sarankot, la colline qui surplombe la ville et depuis laquelle on a une vue splendide des Annapurnas et d'où s'élancent les innombrables parapentes qui flottent en continus sur le lac dont les berges s'apprêtent à de belles promenades, Gorkana et Michael, couple de cyclos allemands, nos voisins de chambre, Max et Alina que nous avions déjà rencontrés dans le Terai avec leur Jeep, Olivier et Aurelie, deux de nos sauveteurs du Zanscar qui nous avaient offerts leur hospitalité quand notre moral était au plus bas et que l'on retrouve avec émotion, Miguiel, Andy, Frank,Terance, Paule le cyclotouriste philosophe et pargmatique, Karl à l'humour bavarois hilarant et inattendu, Sirine, boule d'énergie de 20 ans, des projets plein la tête, le Monde à Vélo lui appartient, on retrouve Reto dont nous avions fait la connaissance à Lumbini, Igo avec qui on attend anxieux les gardes forestier dans l'espoir de sauver un bébé singe de la captivité malveillante, nos coeurs s'attendrissent et on vit des moments d'une tendresse inouïe si proche d'un animal normalement sauvage, Pascal et Philipp, un couple de cyclos Suisse dont l'itinéraire est l'inverse du notre, les conseils fusent , les bons plans t'échangent.
Les copains d'abord!
Vue depuis Sarankot
En moins d'un mois, on se sent chez sois, on a pris nos habitudes au Yeti Restaurant et au Sun View Café. On sympathise avec les commerçants qu'on salue au passage et qui nous appellent parfois "Didi' et "Baï" (soeur et frère) comme il est de coutume ici.
North Lake Side (considéré comme le coin "Babacool"), bien que dédié au tourisme reste toutefois moins développé que le Sud et les voyageurs de passage côtoient la vie authentique des népalais. Les vaches broutent entre les Guest-Houses, les enfants jouent au ballons quand ils ne sont pas engoncés dans leur uniforme scolaire, les potagers procurent les légumes qui accompagnerons les Dahl Bahat dont on entend cuire le riz dans les cocottes minutes depuis notre balcon, les femmes des pécheurs vendent leurs pêche chaque matin au bord de la chaussée, les ouvriers s'affairent à main mues à la constructions d'autres hôtels, on bourre des duvet de laine chaude, qu'on cout ensuite et frappe à l'aide d'un bâton pour en égaliser l'épaisseur, on tresse des herbes sèches pour en faire des hottes que les vendeuses d'oranges transportent à l'aide d'une sangle passée sur leur front, les maraîcher font la tournée des bistros leurs légumes chargés sur leur bicyclette... Cet univers nous convient, on s'y sent bien!
Salut!
Porte d'un temple dans le vieux Pokhara, Mahandrapur
Maison Newari dans le vieux centre de Pokhara, Mahandrapur
Aux allentours de la ville
On visite le monastère tibétain de Jangchub Choeling. La prière se déroule sur le toit du temple, des chants agrémentés de coups de cymbales et des sons des trompettes s'envolent vers les 8000 enneigés par delà le soleil et les deux chamois dorés symboles qui ornent l'entrée de l'édifice. La mélodie se rompt à tout moments: les aléas de la vie qui ne sont toutefois pas capable d'ébranler le calme intense, la sérénité pure de l'idéal bouddhiste.
Le 10 décembre, on célébre la comémoration du Prix Nobel de la Paix recu par le 14eme Dalai Lama en 1989. Les cérémonies religieuses sont agrementées de chants et de dances, de programmes de santé publique, de théatre... On nous y offre un repas gigantestque. Tous les habitants du camp de réfugier (les tibétins ayant fuit leur pays et leur decendants sont considérés comme tels et ne jouissent pas des memes droits que les citoyens népalais) ont revetis pour l'occasion leur habits traditionnels. On y est accueillis avec une générosité, une dévotion presque qui donne à réfléchir sur les principes de cette philosophie. Une femme bouddhiste qui balaie mes remerciements d'un geste de la main me confie : "C'est grâce à sa Sainteté le Dalai Lama. C'est lui qu'il faut remercier". "C'est affreux ce que le gouvernement chinois fait à notre pays. Nous autres Bouddhistes nous acceptons notre condition. Nous croyons à la réincarnation et peut-être sommes nous entrain de payer une dette pour nos actions dans nos vies antérieurs, il faut accepter et être heureux. C'est important que l'opinion internationale nous supportent, c'est affreux ce qui arrive au Tibet".
Au monastère de Jangchub Choeling.
Le 20 décembre, nos achats de Noël sont bouclés. Un professeur népalais, amis de Jim, nous a aidé à dégotter un appartement, un palace avec 3 salles de bain et 2 balcons pour accueillir une partie de nos familles qui vient nous rejoindre pour les fêtes de fin d'année... On y séjournera un mois, cela va sacrement nous changer de notre toile de tente. On est excités, on emménage dans 2 jours et avons déjà organisé une "pendaison de crémaillère" avec tous nos copains de Pokhrara. Les parents de Leo arrivent le lendemain, espérons qu'on se réveillera à temps pour faire un brin de ménage contrairement à une certaine fois dans la maison d'A-M.....
Un caniveau à ciel ouvert coule au fond d'une rigole au milieu de la rue de gravats, des détritus qu'un homme balaie et ramasse à l'aide d'une pelle, jonchent le sol, un troupeau de vaches avec leurs veaux nous observent en ruminant, intrigues par notre manège. C'est dans ce cadre que nous effectuons le service de nos vélos et puis on s'élance sur la Mahanagar Highway, le long du Terail. La plaine népalaise compte une route unique, longiligne et n'offre que peu de vallonnements.
Le Népal nous surprend, par son silence d'abord. le premier matin., on s'interroge: comment ce fait-il que les klaxons, le bruit des crachats et le brouhaha permanent aient disparu? Ce serait-il passe quelques choses de grave? Au lieu de ça, une douce musique émanant du temples ou des commerces, nous cueille à chacun de nos réveil. Ensuite, ce sont les sourires et la gentillesse des népalais qui nous heurtent. Leur "Namaste" chaleureux, leur visages expressifs ou l'on peut lire la bienveillance dans leur yeux, leur application à nous fournir les explications dont on a besoin en utilisant le langage corporel. Aussi, notre quotte de popularité est en chute libre et cela va crescendo à mesure que l'on s'approche de Pokhara. On ne créé plus d'attroupement oppressant, ce qui n'est pas pour nous déplaire. On campe sous le regard intéressé des enfants qui nous apprennent quelques mots dans leur langue, des motards et des vélos se positionnent à notre hauteur pour nous demander d'où l'on vient avant de nous souhaiter "Bon voyage" et "bienvenue au Népal". Quelle légèreté après les questionnements secs et répétitifs de l'Inde!
Curieux, les nepalais nous observent avec bienveillance
Les routes sont peu nombreuses dans ce pays et le trafic se résume à des vélos, les motards portent des casques pour la plupart, il y a aussi des bus. Étonnement, ce sont ceux qui viennent de face qui nous inquiètent le plus, car ils font de grands écarts pour éviter les innombrables marcheurs qui arpentent la chaussée. Au Népal, on se déplace à pied, que cela soit dit! On croise donc un nombre incalculable de femmes portant du bois en fagot grâce à une sangle qu'elles calent sur leur front ou avec des ballots d'épis de riz en équilibre sur leur tête, les hommes menant les buffles d'eau à la pâture, les enfants allant l'école, les grappes de marcheurs se succèdent inlassablement de village en village. Ceux-ci sont composés de huttes au toit de paille, entourées de bananiers. Les murs ne sont que des branches de bois, montées en palissades et recouvertes d'un crépit de terre isolante. Ils ne sont que de grandes basse-cours vivante entourées de champs de cannes à sucre, de rizières aux bordures épaisses pour retenir l'eau, plus loin, les mansardes se perdent dans le jaune des les champs de colza, et le tout est encerclé d'une jungle touffue et humide. Des arbres géants au milieux d'arbres géants, la prairie mesure 1 mètre de haut au minimum.
La national Hight Way traversant la Terai
Village du Terai, mur en terre et toiture vegetale
Les marmites des Dhabas plein de Dahl (lentille), Bahhat (riz) et Sabzi (légumes en curry) fument sur de grand fourneaux de terre. Un foyer est aménagé à l'une des extrémité, on y enfourne le bois, sur le dessus, d'autres trous de diffèrent diamètre accueillent les casseroles, plus on veut chauffer un plat et plus on la rapproche de là ou le feu est le plus chaud. Simple comme bonjour et il a quand même fallu qu'on invente les plaques vitroceram avec commande digitale... Dans certains thé stall, des cadres de lit tressés de ficelles remplacent confortablement chaises et tables. De petites agneaux viennent se faire cajoler entre deux tétées, des poussins suivent leur mère au plumage soyeux en paillant! Jean-Da a adopté l'usage local de "manger avec 4 sens" et n'utilise plus que sa main droite pour se nourrir, formant une grappe de riz en sauce entre ses doigts, puis la poussant dans sa bouche en s'aidant du pouce. Les plus rudimentaires des commerces campagnards, se résument à des constructions de planche de bois sur pilotis (pour se protéger des rongeurs pense-t-on), avec un grand volet sur le devant, qu'on ouvre et d'où dégringolent des guirlandes de paquets de snacks, de tabac à chiquer et/ou de shampoing, de dentifrice qui s'achètent ici à l'unité. Le tout forme une boxe de 2m carrés qui sert d'échoppe, de cuisine, de lieu de sieste et d'esplanade de jeu pour les enfants. Il n'en est pas de même dans les villes qui comptent des constructions de briques voire de béton, parfois de plusieurs étages.
Dhabas, ou l'on mange a notre pause de midi
La propreté
de ce pays nous surprend également. Nous ne craignons plus d'attraper des puces
en s'asseyant sur le lit des auberges que nous fréquentons, insalubrité ne rime
plus avec WC et les murs ne sont plus crépits des crachats de tabac à chiquer,
quel soulagement! La nature aussi en profite, nous traversons de nombreux ponts
sur des rivières qui ne servent pas de dépotoir géant. Les villages sont
pour ainsi dire exempts de déchet et même dans les villes, les rues ne sont
pas qu'un monticule d'ordure. Il faut dire que le niveau de vie peu élevé de ce
pays, contribue certainement à amoindrir la consommation de produits
industrialisés et donc l'accumulation de packaging à la poubelle.
Aussi
l'extrême beauté des femmes m'atterre (Leo). Pour la plupart, elles portent des
tuniques colorées fendues sur les cotés et descendant à mi-cuisses sur des
pantalons bouffants assortis à une grande étoffe portée devant le coup. Leur
grande chevelure noire et épaisse, souvent tressée ou montée en queue de
cheval pour dévoiler des nuques fines, est aussi parfois lâchée et invoquent
une féminité sensuelle. Minces et élancées dans leur petite taille, la dernière
des paysanne a le maintien d'une duchesse de Renaissance. Souples et musculeuses
à la fois. Malgré leur poitrine haute et ferme, leur proportions parfaites et
leur port de tête presque sensuel, elles ne semblent pourtant honnêtement pas
conscientes de leur beauté ravageuse, ce qui les rend encore plus belles. Leur
visage est matte, certaines cerclent leurs yeux de noir qui soutient leur
regard, les plus libérales portent du rouge à lèvres pourpre, chacune arbore le
Tika, 3ème oeil rouge en dessus de l'arrête du nez et l'une de leurs narines
est percée d'un bijou d'or. Les plus âgées portent un anneau à l'intérieur du nez,
parfois orné de pierres semi-précieuses qui vont caresser doucement le dessus
de leur lèvre supérieure, charnel. Quand elles sourient, la peau de leurs joues
se plisse de plusieurs rides, laissant découvrir des dents blanches.
Note guide
explique que la condition de la gente féminine au Népal n'est pas enviable (4ème ou 5ème sexe dirait Simonne), ne prétendant pas connaître les moeurs
complexes de ce pays empruntes du système des castes et autres traditions pour
nous incompréhensibles, ce qui rend difficile la lecture de ce qui nous est
donné de voir, j'en conviens. Cependant, au long de notre parcours, nous avons
pu observer des signes qui me font dire que généraliser cette donnée serait une
erreur. Ainsi, nous croisons des femmes juchées sur les bicyclettes (contrairement à l'Inde ou les cyclistes sont essentiellement masculins), elles
tiennent aussi des commerces. Dans les rues, il n'a pas été rare de voir des
femmes se déplaçant seules ou sans supervision masculine, interpeller un homme
lors d'une transaction commerciale ou quand elles ont besoin d'un renseignement
ne semble pas être un problème. Lors de divers événements culturels que notre
route a croisé, on a pu voir des artistes se produire avec émancipation. Une
adolescente presse sa hanche sur la cuisse de Jean-Da pour se faire
photographier, maris et épouses marchent généralement cote à cote, sauf pour les
dames en Burka qui sont inévitablement à la traîne. Des maîtresses de maison
nous autorisent à camper près de la demeure sans demander l'avis de leur maris.
Les jeunes filles en uniforme scolaire laissent présager une amélioration de
leur situation au niveau de l'éducation. Plus on avance dans le montagnes et
plus on croisera de jeans et autre T-shirt griffés à califourchon à l'arrière
des motos (et donc pas en amazone comme il est de rigueur en Inde). Les rang
des l'armée et de la police comptent des femmes portant le même uniforme et la
même arme (un bâton) que leur homologues masculins. Bref, les choses semblent
aller de l'avant et l'étiquette de mauvais élève pour le Népal en ce qui
concerne ce sujet est peut-être entrain de se décoller...
Marcheuses portant les gerbes de riz
Sur le
Terai, la réserve de Bardia nous ouvre ses portes après avoir franchi le chef
d'oeuvre suspendu de plus de 500m de long au dessus de la Karnali, "le
plus grand pont du pays". La vie sauvage est si présente que même sans
quitter la route, nous avons l'occasion de voir plusieurs troupeaux de biches
et de cerfs dont certains portent des bois de plusieurs mètres, des hordes de
singes à la face noir auréolée de fourrure blanche, dont l'un a effrayé Jean-Da
en sautant à terre devant lui, lui montrant les dents, alors qu'il s'aventurait
derrière un arbre pour se soulager. Pour ma part, même les plus petits à la face
(et aux fesses) rouges suffisent à m'intimider. Je garde mes distances avec
ces créatures! Goligola Tal est le royaume des papillons, des nuées s'envolent à notre passage sur le sentier de brousse autour du lac. On y rencontre
quantité d'oiseaux aux formes, aux couleurs et aux chants inhabituels, dont des
oiseaux du paradis laissant traîner derrière eux leur grandes plumes et des
grues royales qui caquettent le bec en l'air et leur houppette en avant sut
fond de nénuphars et de lotus. Une toile d'araignée de 3 à 4m d'envergure
abrite un spécimen de 20cm de diamètre (pattes comprises). Heureusement, on
renoncera à aller voir les crocodiles, car le lendemain, on découvre de quoi il
en retourne. Des molosses de 4 ou 5m de long, la queue pleine de piques, qui se
dorent au soleil sur les berge sablonneuses. L'un d'eux, au bec fin, pèche
dans les banc de poissons retenus par le barrage en contrebas, qu'aurions nous
fait si nous nous étions retrouves nez à nez avec l'un de ces monstres? Le seul
éléphant que nous apercevrons est domestiqué, tans mieux pour nous, car ces
créatures pourraient représenter un danger à l'état sauvage. Nous ne verrons pas
non plus de tigres, d'ours ou de rhinocéros ce qui est plutôt de bonne augure. Il
faut dire que nous campons près des villages pour éviter ce genre de rencontre
inopportune. Par contre, nous croiserons la route d'un animal curieux, une
sorte d'antilope sans corne et mesurant près de 1,60m au garrot, étonnant et
impressionnant, elle demeure un mystère pour nous! Notons encore que l'on
partage parfois notre chambre d'hôtel avec des geckos, des carpeaux et toujours
avec quantité d'insectes. L'un de nos pic-nic sera animé par la présence d'un
crabe (mais que fait-il la?) et d'un serpent dont on ne sait pas s'il est
venimeux ou non. Heureux l'imbécile, ne dit-on pas?
Goligola Tal (lac)
C'est
bientôt les élections, tous les officiels semblent s'être donnés la tache
d'expliquer à la population le système de vote, affiches géantes, distribution
de traces, haut-parleurs grésillant
montés sur jeep et pièces de théâtre dans les villages reculés. Un cercle est
tracé sur la terre battue de la place centrale du bourg, on joue de la musique
traditionnelle pour attirer le monde, un attroupement se forme et c'est parti.
La femme engueule son maris qui fait tout de travers et l'handicapé mental (pardon
les copines HES-SO) donne toutes les bonnes réponses avant qu'on lui explique
le procédé! Les acteurs tournent sur eux-mêmes tout en jouant, ainsi l'ensemble
du public peut jouir de leur mimiques hilarantes. Oui, c'est un peu démago,
mais tout le monde c'est bien marré, nous y compris!
Theatre de rue pour expliquer comment utiliser les formulaires de votation
Afin de
s'opposer à cette élection, des grèves sont organisées et bloquent le trafic sur
les grands axes déjà peu courus. Autant dire qu'on a la route pour nous, quelle
paix et quel bonheur après la frénésie du bitume indien! Seul bémol, les cars
pour touristes se débrouillent pour se faire escorter par les forces de
l'ordre, quand les bus scolaires n'amènent plus les enfants à l'école. Encore
une fois, l'appât du gain a encore gagné!
Tihar, est
l'un des festival les plus importants pour les Hindus. Il s'étant sur 3 ou 4
jours et honnore certains animaux liés à la mort. Des balançoires (des cordes)
sont attachées àd'immenses tiges de bambou nouées ensemble à plus de 15m du
sol. Ce sont les carrousels des enfants népalais. La première nuit de fête,
nous la vivons de façon auditive. Depuis notre toile de tente dans les collines
peu après Bhatuwang, on entend les cris de joie des enfants, les pétards
raisonnent, les jeux vont bon train. Dès le coucher du soleil, des tablas
(tambours) accompagnent des chants scandés par les petits, ils deviennent hystériques quand
ils parviennent à arrêter un véhicule sur la route unique qui traverse le
village età soutirer au chauffeur (c'est la tradition), quelques sucreries
ou un peu de monnaie. Cette fête est aussi celle des Sweets (pâtisseries de
formes et de couleurs toutes différentes, mais toutes essentiellement composées
de sucre, de graisse et de farine, merci pour le régime!) et nous vivons la
deuxième nuit de liesse en engouffrant quantité de ces saloperies en admirant
les illuminations des commerces et des habitations àTilaurakot. Pour attirer
la visite de la Déesse Lakshmi, divinité de la réussite économique, les
villageois installent des lampes à huile partout, aux seuils de chaque portes,
sur les machines à coudre des tailleurs, entre les fruits et légumes du stand à
roulettes... tout est illuminé! Le troisième soir, on assiste à un spectacle de
danse à Lumbini. Le public est constitué en particulier de jeunes hommes, c'est
l'évènement de l'année et les haut-parleurs sont réglés au maximum. La
speakerine à la voix horrifiante hurle dans son micro. La musique mélange des
rythmiques connues avec des sonorités exotiques, Les chorégraphies sont
inspirées de mouvements traditionnels qu'on ne sait pas interpréter, les
costumes vont de la mini-jupe totalement déplacée (on est au Népal quand
même), au pyjama, qui ici met en valeur de façon fort osée, les formes de la
danseuse qui balance du bassin. Un gant à la Michael Jackson créer des émules,
mais l'excitation est à son comble quand un couple de danseurs s'enlace, une
clameur parcours la foule!
La balancoire de Tihar
Pas de pont pour traverser la riviere, une barque le remplacant
Lumbini est
connu pour être le lieu de naissance de Siddartha Gautama, qui une trentaine
d'années plus tard deviendra Bouddha après avoir connu l'opulence et la
protection de son palais, rencontré le malheur de la vieillesse, de la maladie et
de la mort, puis reçu l'éveille, après être resté plusieurs années à méditer et
mener une vie d'ascète. A Kapilavastu, il ne reste quasiment rien du sublime
palais de son père, empereur à l'époque de sa naissance, d'un puisant royaume.
Toutefois, un immense cadeau nous attend devant les Stuppas-Tombes de ses
géniteurs. Nous demandons la permission de photographier les lieux à un moine
se recueillant là, celui-ci pose pour nous en position de bénédiction. Puis, il
tire de son sac contenant tous ses biens, une plaque de chocolat dont il nous
distribue les carrés, ainsi qu'à la famille de villageois présente, mettant
ainsi en pratique la doctrine de L'Eveillé. Renonçant à ses propres désirs, se
détachant du soi. Une rencontre plein de simplicité et de douceur. Le soir,
c'est à notre tour de nous recueillir devant l'arbre auquel Maya Devis (la
mère), se serait accrochée pour donner naissance. Des Shadhu (l'Hindouisme considérerait Bouddha comme la 9ème incarnation de Vishnu, se qui serait
contesté par le Bouddhisme), assis en position de Lotus, entonnent une litanie
murmurée, puis se perdent dans la méditation. Des bougies s'illuminent devant
l'hôtel niché au creux du tronc, le tableau encadré de drapeaux à prière tibétain
chatoyant laisse rêveur.
Le moine offrant du chocolat
Le tronc de l arbre sacre
Si le
temple de Maya Devi symbolise le passé, le canal qui scinde le parc représente
le présent de la vie qui s'écoule. Tout naturellement, la "World Peace
Pagoda", construite par le Japon en souvenir des attaques atomique qu'a
subi le pays, invoque l'espoir qu'une telle calamité ne se reproduise plus
jamais à l'avenir. C'est là que se déroule une Rencontre Internationale pour la
Paix à laquelle nous avons été, le plus naturellement du monde, invités. Les
représentants des diverses communautés bouddhistes qui ont érigé de somptueux
monastères sur la propriété, entonnent tour à tour des chants harmonieux et
légés invoquant leur prières pour la Paix Mondiale, devant un hôtel sublimement
décoré d'offrandes, face au dôme blanc immaculé de l'imposant monument. Qu'il est intéressant d'assister à une
cérémonie ou rien n'est fait en fonction des normes occidentales. Nous sommes
quasiment les seuls caucasiens présents et avons du mal à nous y retrouver dans
les symboliques mises en scène. Pour une fois, c'est nous les outsiders et nous
voilà dans les basquettes du reste du monde, une belle leçon, tout en douceur
et pleine de paix. Les démonstrations culturelles sont encore moins
appréhensibles, un homme grimé et costumé comme une divinité Hindoue, danse en
prenant des postures dignes de statues des temples, les mouvements de ses
mains impriment des gestes invoquant les mythes auxquels nous sommes étrangers.
C'est envoûtant, tout autant que la musique qui s'échappe d'un instrument dont
on me connaît même pas le nom et qui tire des volutes aériennes. Le chanteur
suit les cascades de notes en gamme mineure. On s'envole. Merci pour cette
offrande. Nous nous sentons honorés d'assister à tout cela. Après le repas, offert bien entendu, un moine s'approche pour nous donner un port monnaie
brodé... en remerciement de notre présence. Incroyable! On mijote dans la
bonté aux petits oignons!
Lumbini, durant la ceremonie pour la paix mondiale
La
rencontre d'un directeur d'école à la retraite, nous offrira une bouchée de
vrai Népal. Je m'explique. Cet érudit visiblement passionné d'histoire-géo se
met en devoir de nous indiquer tous les coins à voir dans la région, puis nous
fait pénétrer dans "le plus haut temple Hindu du pays" qui serait
construit sur un Pillard Bouddhiste. Après nous avons expliqué les légendes
liées aux divinités nichées dans les divers hôtels, il nous escorte dans toutes
les rues de Tilaurakot, nous présente l'Arbre du Peuple, un dieu se cacherait
dans chacune de ses feuilles (Ça fait beaucoup de Dieux, de dieu!), réveille
ses amis, anciens collègues, on prend le thé chez un, un peu de repos chez
l'autre, un encas chez le troisième, on visite son jardin... Il nous présente
fièrement les bâtiments officiels, ceux des ONG internationales, le portique du
roi, le palais de justice, le marché, l'ashram, l'étang autrefois sacré et qui
sert aujourd'hui de dépotoir, le camion pompier de la ville, la bibliothèque
"l'une des plus veuille du pays!", nous amène à la prison et depuis
un mirador, on peut voir les détenus vaquer à leurs taches quotidiennes. Il
ne sont enfermés que la nuit, le jour, une enceinte de 1km carrécompte 250
hommes et fonctionne comme un petit village: pompe à eau, échoppes. Les
marchandises sont apportées depuis le monde extérieur entre les barreaux d'une
grille, d'abord, c'est des pains qui sont écrabouillés entre la ferraille,
maintenant, c'est le tout des poulets. Pas le temps de voir le procédé, car on
se dirige vers l'hôpital public. La salle des malades hommes, comme celle des
femmes sont toutes aussi désertes que le bureau des infirmiers, mais, sur le
perron, des parents tiennent emmaillotés, des enfants. On nous annonce que
celui-ci souffre de pneumonie, on lance vers lui des regards tristes plein de
compassion... inutiles et dérisoires! On m'attire par le bras, "elle est entrain d'accoucher!", par politesse, je passe ma tête dans l'entrebâillement de la porte. Une femme à moitié nue, les jambes écartées... je ne sais décrypter dans ses yeux s'il faut que je foute le camp avant qu'elle ne soit à nouveau sur pied pour me chasser à coups de balais ou si elle est soulagée que quelqu'un lui accorde un peu d'attention. On insiste, "entre!", "Non, non, je ne veux pas déranger...". J'essaie un "Good Luck" avec un sourire crispé et m'éclipse un peu remuée. Drôle de journée, plongés dans la réalité de ce pays que décidément, on ne fait que survoler malgré notre lent moyen de locomotion. On nous a ouvert tant de portes aujourd'hui, offert tant de clés de lecture, tant de cadeaux... sommes-nous capables de les apprécier à leur juste valeur?
Les visages changent, les faces s'arrondissent, les nez s'aplatissent, les morphologies deviennent plus massives. On oblique plein Nord sur la Siddhartha Highway et pénétrons pour la seconde fois de notre voyage dans l'Himalaya. C'est comme retrouver un être cher qu'on aime et qui nous a manqué. Le long de la large gorge de la Tinau, l'eau azure coule sous des ponts piétons uniquement suspendus à plus de 30m de haut. L'air est plus sec et aussi bien plus froid.
Tanzen est perché à 1350m d'altitude. C'est un bourg médiéval qui fut jadis la capitale du Royaume de Magar, l'un des plus puissant du Népal jusqu'à l'époque des Sharhs. Beaucoup de bâtiments sont aujourd'hui en béton et les constructions vont bon train, le tourisme se développe. D'autres maisons comportent des façades crépites de terre rouge, des niches sont aménagées dans les murs et sur la façade des balcons plein pied, sans doute pour y déposer des lampes. Les portes qui ferment les demeures, sont en réalité des planches qui barrent l'encadrement et la partie du haut est finalement close par un volet qu'on abaisse verticalement. Les fenêtres sont protégées par des Persiennes de formes géométriques et les bois qui les encadrent est finement sculpté de décorations représentant des dragons, en forme de parapluie pendant des avant-toits. Nous apprécions particulièrement la visite des temples Amar Narayan et Mahadev. Vieux de plus de 200 ans, leur toits pagode, ou poussent des herbes folles, s'empilent. Sur chaque poutre de soutènement des gravures de créatures divines, des têtes de morts, des sculptures érotiques, des personnages en position du Lotus, des faces d'animaux mystiques... Des pigeons par nuées s'envolent du pavé de grosse pierres brutes, quand un dévot fait retentir l'une des cloches massives, finement gravées d'inscriptions artistiques pour se mettre en relation avec les dieux, des femmes se lavent et font la lessive, des pèlerins se recueillent, une famille apporte des offrandes, les jeunes gardiens écoutent de la musique sur leur téléphone portable... C'est un lieu plein de vie.
Tanzen, temple honnorant le dieux des affaires
Dans les collines, les maisons changent, elle exhibent des toits en tole ondulee
Depuis la tour d'observation flambante neuve, au sommet de la Sheenagar (1600m), surplombant le village, le panorama s'ouvre sur le massif des Anapurna, monts blanc, loin au dessus des collines vertes, des rizières en escalier aménageés dans leur partie inférieure et des maisons aux couleurs vives et au toits à deux pans en tôle ondulée qui les parsèment. Les rapaces flottent en tournoyant dans le ciel. Himalaya, nous voilà!
Massif des Annapurnas
Après notre course effrénée sur le plateau indien, nous avons pris notre temps au Népal pour rejoindre Pokhara. La fatigue accumulée ces derniers mois se fait sentir et on envisage notre longue pause hivernale avec plaisir. Plus que le physique, c'est la tête qui a besoin de repos. Les derniers mois ont étés plein d'expériences intenses, une accumulation de chocs culturels, de l'animation continues, des sollicitations permanentes, partout quelque choses à voir, de la nouveauté jusque dans les scènes les plus basiques de la vie quotidienne. Aussi notre mémoire vive semble pleine, le break devrait nous permettre de décanter tous ça, de se l'approprier. Merci aux nombreux vadrouilleurs, pour beaucoup cyclonautes que nous avons rencontrés sur les routes népalaises, les bons moment partagés ensemble, nous ont permis de commencer ce processus. Merci à Gho, Max, Alina, Lars, Kate, Yohann, Simon, Charlotte, Sylvie, Stephanie, Jim, Monikka, Snezana, Suzanna... et désolé à ceux dont on a oublié le nom, à bientôt sur les routes, à la découverte du monde!