jeudi 18 décembre 2014

Thailande: Chiang Kong-Pai


Article publié par Léo

C'est la première fois que je traverse une frontière à vélo sans l'appui de Jean-Da...Et, je réalise à quel point le stress de l'inconnu est lourd à porter seule. Je suis heureuse de savoir que nous allons nous rencontrer de l'autre coté, ça me rassure. Et nous nous rencontrons plus vite que prévu, car, alors que je traverse la ville à la recherche du centre, je tombe tout naturellement sur le gourmand homme attablé devant une soupe de nouilles. Pour lui, comme pour moi, les quelques jours en solitaire au Laos, ce sont bien déroulés. Il va bien et me parait calme et serein. Nous nous installons dans le même hôtel dont la salle à manger, semblable à un pont de navire, et les diverses terrasses donnent sur le Mékong. Un cadre absolument idyllique où nous passons quelques jours, à déguster les spécialités locales, faire des provisions, discuter des projets de chacun, concocter des itinéraires, assister aux festivités de l'Anniversaire du Roi (le 5 décembre) et nous raconter les anecdotes de route (déjà). Jean-Da a la gentillesse de m'offrir son temps, et s'emploie à m'apprendre quelques rudiments de mécanique afin que les casses ou ennuis ponctuels ne se transforment pas en cauchemars quand mon mécanicien attitré sera absent. Merci Jean-Da pour ta patience et ta gentillesse.


A l'occasion de l'Anniversaire du Roi, 500 bonzes défilent dans la rue pour recevoir l'aunome journaliere.


Chiang Kong: un hotel hors du commun! Salut Jean-Da, bonne rout et que la Bonne Etoile continue de veiller sur toi!


C'est le coeur plein d'émotion que sont donnés les premiers coup de pédale. Jean-Da part au Sud vers Prachin Buri, où il prévoit de suivre une retraite méditative (Vipassana), alors que ma route suit le Mékong jusque vers la frontière Cino-Thailandaise. Comme le jour où nous étions partis de Suisse (la fameuse montée d'Epende), l'effort des montées apaise un peu mes sentiments, alors je force sur les pédales, me concentre sur la sueur et le souffle court et oublie l'oppression qui étouffe ma poitrine. Comme m'a dit une personne que j'admire énormément : J'essaie de voir cela comme le commencement de quelques chose de nouveau et non pas une fin.

A peine quelques dizaines de kilomètres parcourus et je tombe nez à nez avec d'autres cyclovoyageurs. Il en sera ainsi chaque jours jusqu'à ce que j'atteigne Chiang Mai. A chaque fois, c'est une bonne occasion d'échanger expériences, bons conseils, souvenirs de route, matériel, partager un repas ou offrir simplement un signe de main, de reconnaissance mutuelle. Autant de rencontres qui me rassurent, qui m'aident dans l'appréhension de ma nouvelle réalité de "Solo Female Traveling". Autant de boosters et de rappels que le voyage est beau, la route est longue et l'aventure merveilleuse... Merci à tous!!!

Thailande: Dans les montagnes peu apres Fang


J'use de la plus grande prudence afin de choisir mes lieux de couchage. La première nuit, je m'éloigne passablement de la route pour m'isoler dans un champs d'Eveas. Alors que je monte le camps, un homme apparaît dans le champ d'à coté, il récolte du bois pour la cuisine du soir. Mince, que faire? Devrais-je décamper ou compter sur la bonté des Hommes, rester et me dire que cet homme, pas plus qu'un autre, ne me veut du mal. Rapidement tout s'assombrit, la nuit tombe, je me glisse sous tente et m'endors instantanément, fatiguées des efforts du jour et de la pression des sentiments. 22h30, des lampes de poche éclairent ma tente et des voix m'appellent au dehors. Je fais le mort, elles insistent. Finalement je sors, essayant d'avoir l'air à la fois sure de moi et embêtée du grabuge produit "en plein nuit". Je jette un "what do you want?" et me sens instantanément soulagée en constatant qu'il s'agit d'un groupe de 3 personnes dont une femme, munis de petites machettes et allant d'arbre en arbre, les écorchant afin d'en faire couler le caoutchouc. Ils me demande si je suis seule, pas d'autre choix que de répondre par l'affirmative malheureusement. Je m'empresse d'ajouter que mon maris m'attend à Chiang Rai le jour suivant. Ils s'excusent et m'invite à rentrer sous tente et dormir sans soucis. Oui, l'expérience m'a donné une décharge d'adrénaline, cependant, le sommeil m'envahis si tôt la tête sur le matelas. Le matin, un homme (le même qu'hier?), coupe du bois dans le champs voisin. Il ne s'approche même pas, me laisse en paix cuire mon café et démonter le camps. Quand je suis prête à partir, il vient me souhaiter au revoir. Si l'Homme est un loup pour l'Homme, l'Homme thailandais est sens doute de ces louves qui adoptent des bébés humains!

Fatigué dites-vous?

Chaque nuit m'apportera son lot de belles expériences que ce soit bien cachée auprès d'un petit cours d'eau où je prend ma douche toute nue, dans l'enceinte d'un relais routier sous la protection d'une veille grand-mère qui va jusqu'à balayer un coin de foret où je puisse m'installer, dans la salle pastorale d'une communauté chrétienne Haka dans les montagnes aux environs de Frang, dans un pavillon inoccupé d'un Temple Bouddhiste, bercée des chants des moines et nonnes, méditant avec eux... Chaque soirée apporte son lots de jolis moments qu'ils soient partagés ou en solitaire, comme cette nuit noir constellée d'une multitude d'étoiles, alors que je traverse le parc naturel de Lanna. Un ciel si pure que la voie lactée semble à portée de main. Le paysage est surprenant. D'abord, la végétation recouvre tout, il en émerge des arbres d'une dimension impressionnante, dont les branches s'épanouissent en parasol jusqu'au dessus de la route. Les montagnes sont ici des sortes de rochers géant formant une importante colline qui, ayant à peine atteint le ciel, replonge vers la terre. Des images qui je ne m'attendais pas à voir ici, pensant que ce type de curiosités géologiques ne se trouvaient que dans le sud du pays.

Thailande: une nuit dans une communauté chrétienne peu apres Chiang Rai



Pendant que les roues tournent,l'esprit s'anime lui aussi... Je pense...

Sans public, s'agiter en tout sens devient inutile. Rester concentré (au sens propre du terme: centré sur soi, sur son action maître de soi), être soi-même, profondément, véritablement, sans négociation, avec conscience et consistance, sans peur des représailles, sans théâtre, ni attentes. Ne compter que sur son pouvoir personnel (merci Carole, la vie te rappelle  à moi sans cesse), ne s'appuyer sur rien d'autre... tenir doit sur ses pieds, dans ses propres souliers et cesser de s'illusionner du pouvoir qu'on croyait magique du tuteur auquel on était si attaché et qui guidait notre croissance. savourer toutes les bonnes surprises, les belles rencontres, les coups de pouces et les sourires, comme des signes à sa propre adresse, des cadeaux qui ne sont destinés, sans l'ombre d'un doute, à ne partager avec personne. Absorber les échecs, les "mauvaises expériences" aussi, prendre bonne notre des lacunes, des défaillances, assumer les pertes (aucune pour l'instant!Mes parents m'en reviendraient pas!), les égarements, les erreurs de jugements. S'apprendre, se découvrir, s'évaluer et déterminer ses propres besoins d'ajustements. S'épanouir, devenir soi, par soi-même, pour soi-même. Sortir du cercle infernal du jeu social, truffé  de règles implicites, d'attentes, de jugements, de comparaisons, de compensations, et de désillusions. Une démarche de longue allène, et à chaque fois que je sens le découragement pointer, je lui rétorque que je suis entrain d'apprendre, cela va prendre du temps, je ne suis qu'au début du chemin (certainement long et pénible) et ce chemin, j'ai choisi de le parcourir avec Diogene. Quel meilleur guide? Lui le premier clamait "Kosmopolites eimai" (je suis citoyen du Monde).

Quel cadeau! La vie m'offre décidément plus que je ne pouvais en attendre. J'en suis de plus en plus certaine, une force supérieure existe (un ordre cosmique), elle nous (ra)mène toujours invariablement et inlassablement, exactement là, dans la situation précise qui oblige à affronter ses peurs les plus tenaces, les blocages les plus instinctifs, à quitter ses positions de survie, à se dépasser, non pas par défît ou pour prouver quelque chose, mais pour grandir, devenir un Homme parmi les Hommes. Merci Bonne Étoile!

Thailande, région de Chiang Rai



Seul avec soi-même, réagir ne sert à rien, il s'agit D'AGIR. Et tout ce qui est entrepris, vécu, décidé, ne l'est que pour soi, par soi. Quelle énergie économisée en représentation! Et, que d'énergie dépensée en attention, en concentration, en affirmation, en action, en évaluation.


Pas le temps de m'embêter. Mon cerveau fonctionne plein régime. Mon amis Aurelien et sa compagne devraient venir me rejoindre dans le centre du pays dans quelques semaines et je passe mon temps à élaborer divers itinéraires afin de les rejoindre en temps voulu. Et si je passais par le Myamar? D'après mes sources (merci Zhenya), il est possible d'obtenir un visa par l'intermédiaire des agences de voyage à Chiang Mai. Après une entrée en ville plutôt réussie considérant qu'elle abrite quelques 200'000 habitants, je trouve rapidement une magnifique Guest House pour la nuit et part en quête des bureaux pouvant m'offrir ce service. Ce n'est pas chose difficile, cette ville pullule littéralement de touristes, c'en est inquiétant. Dans les rues, une personne sur deux semble être étrangère et les rues ne sont bordées que d'hôtels, cafés, restaurants, spa, salons de massage, agences de trek, points informations, boutiques de souvenirs... Le délais d'attente est d'une semaine environs car nous sommes malheureusement à la veille du week-end et ici, comme ailleurs, les congés sont respectés.

Thailande: Chiang Mai


Thailande, Chiang Mai: C'est le week-end, ce qui me donne l'occsion de quelques visites culturelles


L'atmosphère dans mon nouveau lieu de résidence est pour le moins détendue et sympathique et j'y passe des soirées amusantes dans une ambiance presque familiale savourant de délicieux jus de fruits frais, de la bière Leo (c'est son nom), des papayes, des bananes et autres délices exotiques concoctés par Mama, la tenancière. Cat devient instantanément une amie intime, on accroche et passons quasiment tous notre temps ensemble. Balades en villes, visites des marchés, repas... Cette magnifique personne pleine de dynamisme, d'inventivité et d'amour, me prend aussi en sympathie et m'entraîne dans d'incontrôlables fous rires, parsemés d'histoires incroyables tirées de ce qui semble pourtant être sa vie quotidienne. Voilà quelqu'un qui sait rendre sa routine extraordinaire!!! Depuis deux ans et demi, je transporte dans mes sacoches un maillot de bain, que je n'ai JAMAIS porté. Cat ne l'entend pas de cette oreille et m'invite au 7 ème étage d'un hôtel luxueux, sur le toit duquel une piscine entourée d'une terrasse boisée, offre une occasion de baignade dans une cadre privatif et très classe.

Smart n'est-il pas?


Ayant décidé de ne pas visiter la Birmanie pour des questions de timing trop serré, j'envisage de prolonger mon visa thailandais afin de pouvoir profiter de quelques jours en compagnie de mon amis Aurelien. Cat et moi avions été en repérage au service d'immigration, les bureaux se trouvent dans un petit bâtiment de plein pied, je peux venir ici le matin avec mon vélo chargé, le laisser devant l'entrée et la procédure devrait être réglée en quelques minutes. Le lundi matin donc, nous nous rendons à l'office, et on déchante. Des kilomètres de queue de touristes attendant leur tour nous ont précédé! "Prenez un numéro et revenez cette après-midi!": Génial! Pour me pas payer les 60 euro que coûtent l'extension de visa, je m'avise d'acheter une seconde entrée pour mon visa actuel, je sortirais ensuite de Thaialnde pour quelques jours, par l'une des multiples frontières entre ce pays et le Laos. A 15h30, on appelle mon nom, mon passeport est prêt à m'être restitué. Problème: malgré la nouvelle entrée, le visa actuel court toujours, peu importe que les jours déjà payés ne soient pas passés sur le territoire!!! Oups! Je prends mon air le plus abattu, confus, désolé et paniqué (pas très difficile) et ameute le guichetier: "ce n'est pas du tout ce que je voulais! J'ai du commettre un erreur, l'agence de voyage à travers laquelle j'ai booké un circuit au Laos, m'a conseillé de demander une nouvelle entrée mais j'ai besoin de pouvoir rester en Thailande quelques jours après mon retour dans ce pays... je vous en prie, aidez-moi... Que dois je faire à présent???". Passablement ennuyé par mon "incompréhension du système", l'officier appelle du renfort. Un homme fort gentil qui m'explique que les visas pour moins de 15 jours au Laos et en Thailande sont gratuit et que je n'ai pas besoin ni de faire la queue des heures, ni de débourser le moins centimes (ni de déranger les employés de cet office, déjà passablement occupés à stampler à la chaîne, les visas de mes compatriotes (un touriste sur deux dans ce bureau est détenteur d'un passeport suisse)). "Pardon, monsieur, merci monsieur, je suivrais vos conseils à la lettre, monsieur, veillez excuser mon erreur, monsieur". Un tampon CANCEL au travers de la nouvelle entrée en Thailand et je me vois restituer l'argent avancé pour ce travail. Résultat des courses, une journée de "perdue", des tracas administratifs pour rien, une page de gâchée dans mon passeport, pas d'extension de visa, ni de solution pour la rencontre avec Aurelien (round trip au Laos ou visa pour le Myamar)... mais une nouvelle incroyable histoire humoristique que Cat s'empresse de rendre encore plus légère et hilarante! Quelles aventures!

Les au revoir sont troublant. En quelques jours, nous avons tissés des liens très fort. On promets de se revoir, l'an prochain en Allemagne, le rendez-vous est pris! J'emporte avec moi deux baguettes de pain complet aux graines qu'elle est allée me chercher à l'aube, avant le déjeuner, juste pour le plaisir de me voir sourie jusqu'aux oreilles!!! Cat, tu es ma bonne fée des contes de mon enfance! MERCI pour les rires, les confidences, l'écoute, les cadeaux!

Thailande, dans la montée vers Pai: Et un sourire pour Cat!


Comparativement aux routes laotienne, les voies de communication thailandaises sont plus courues, et les véhicules sont ici plus luxueux que chez les voisins et ce particulièrement aux abords des villes de moyenne importance. Toutefois, je me sens en sécurité sur la route. Pendant deux jours, j'escalade les cotes menant vers Pai. Ancien head quarter de la clique Hippie, devenue à présent, un lieu plus que branché, certes "chill out" et relaxe mais surfait et  ayant perdu son authenticité. Il est impossible de dénombrer les pouces en l'air et les encouragements qui me sont lancés depuis les scooters loués par de jeunes backpackers en quête d'aventure, affublés de vêtements ethno tous plus excentriques les uns que les autres, qui me dépassent. Les mini-bus touristiques, les camionnettes de livraison, les motos conduites par des locaux et les véhicules privés m'offre aussi leur support. Je paie de ma sueur, mais la route serpentant dans la foret n'est pas lassante, j'éprouve un réel plaisir dans cet univers paisible. A chaque village, les cafés destinés aux étranges, s'étendent le long de la route principale, étrange... Et leur coté "stylé" devient de plus en plus marqué à mesure que j'approche du saint des saints, The Place to Be! Je traverse la ville rapidement, ce genre d'endroit ne me convient pas, trop de monde, trop dénaturé, trop tourné vers le tourisme, trop de tout! Je campe près d'une air de repos routière, sous la bonne garde du veilleur de nuit du dépôt des cantonniers et projette de continuer ma route au matin.

Magré l'effort, pas de nausées, ca n'a pas l'air d'etre le cas pour tout le monde?


Au réveille la faim me tiraille, j'entreprends de me concocter une énorme soupe de pâtes pour le déjeuner, c'est là que je constate que mon réchaud ne répond plus. Coup de stress, me voilà seule devant un problème que je ne sais pas résoudre. Confrontée à mes incompétences, mes lacunes, mes faiblesses, l'anxiété monte. "Reste calme Léo, il n'y a rien de grave, personne n'est blessé, personne n'est malade, il n'y a pas de dommage irréparable, et si tu ne peux plus cuisiner, tu ne vas pas mourir de faim, il y a des petits bui-buis tout au long de la route (la nourriture est super bon marché), et tu peux toujours acheter du pain, des céréales et autre produits en ville pour les pic-nic froids". J'ai beau démonter la pompe, lubrifier le joint, démonter le clapet anti-retour et le nettoyer, démonter l'aiguille et vérifier qu'il n'y a pas de saleté qui obstrue l'arrivée de carburant... rien n'y fait, aucune pression, aucune flamme, rien! Pour couronner le tout, la fermeture éclaire de ma veste se casse et je n'ai pas de pince pour la réparer. Après 3 cafés et un nombre semblable de cigarettes (des fois que les solutions apparaissent dans le marc ou la fumée??!!), je décide de retourner à Pai (2km) et de chercher un magasin de camping, on m'aidera sans doute à solutionner mon problème. D'abord: Manger, une soupe de riz aux champignons dans la rue me comble de plaisir. Puis: Un mécanicien me prête sa pince, et un problème de réglé. Sur les conseils d'un réparateur de vélo, je me rend près de la rivière dans l'espoir de trouver un magasin de camping. Rien, mais quelques tentes sont plantées aux abords, peut être pourrais-je y trouver quelques touristes-campeurs comme moi, prompts à me conseiller? Je me retrouve nez à nez avec deux allemands rencontrés hier et qui m'avaient déjà salués dans la montée...il n'y a pas de hasard! Ils me présent à Tom, un cyclonaute des États-Unis, dont la "tchatche" n'a d'égale que la puissance du carburant qu'il se propose de verser dans ma bonbonne. Il m'aide à démonter (ça fait beaucoup de démontages pour une seule journée!) entièrement le réchaud, Je change la ouate et finalement, après avoir nettoyer toutes les pièces une fois de plus, laisser brûler la chose une demi-heure durant et trouver la buse adaptée au combustibles super puissant qu'il m'offre, le réchaud fonctionne à nouveau parfaitement! Merci amis voyageurs.

Il est presque 13h00 et reprendre la route maintenant est quasiment inutile, sachant que le soleil se couche ici vers 18h00. Je décide de planter ma tente près des leurs pour la nuit, dans cette environnement peuplé de touristes chahutants, bercé de musique électronique, décoré à la façon "New Age", hyper connecté à travers le web (ce qui me donne l'occasion de publie ce message soit dit en passant)... en un mot le genre de lieu exacte que je pensais furie ce matin. Ça pourrait être pire ceci dit, je pourrait me trouver dans un endroit insécure, plein de menaces, au milieu de nulle part, il pourrait neiger, faire froid, je pourrait être trempée, affamée et frigorifiée... et me trouver en procession d'un réchaud inutilisable et d'une veste qui ne ferme pas. Chaque médaille comporte deux face! Belle leçon!


Thailande, Pai: Surfait dites-vous?



jeudi 4 décembre 2014

Laos: Boten - Houayxai (Hou ayxai)


Article redigé par Léo:

L'obtention de visas au poste frontière laotien n'est qu'une formalité. 10 minutes et 37 dollars suffisent. Heureusement, moi qui suis habituellement "en charge" des démarches administratives, me trouve ici "hors service". Tout se passe comme dans un rêve, je suis le mouvement, on tamponne mon passeport, je suis au Laos. La route qui va de Boten à Luangnmtha est plantée de bornes kilométriques, en forme de petites pierres tombales, en béton, peintes de blanc. Suivant les stèles mortuaires de mon chemin de croix, je n'aspire qu'au repos "éternel". Chaque montée est un calvaire, un supplice qui ne s'atténue que peu dans les descentes. je serre les dents, fronce les yeux, me ferme au Monde, contiens l'explosion, combats l'implosion, soutenue seulement par l'idée fixe de Luangnamtha, que j'entrevois comme ma planche de salut.


Laos, de Boten à Lungnamtha: Ça dépasse les bornes...


La bourgade est charmante, il fait beau, le soleil brille. Philippe, cyclo brésilien plein enthousiasme nous accueille. La "beckery" de la rue principale offre des baguettes de pain frais. Ça m'est égal, je veux juste trouver un coin ou échouer, fermer la porte et qu'on me laisse en Paix. 

Sur les conseils avisés de Stephi et Tom, packpackers allemands rencontrés une premiers fois en Chine, je m'installe dans un bungalow paradisiaque un peu à l'écart du "centre ville". Jean-Da et moi avons décidé de nous offrir un peu d'espace et de temps pour digérer la rupture, prendre du recule et s'éclaircir les idées, afin de réfléchir aussi à quelle suite donner au voyage.

Les journées s'écoulent face aux étangs à poissons. depuis le balcon de ma hutte de bamboo, lisant et buvant du café, j'observe le manège quotidien des gardiens des étangs. Par intermittence, des poissons sautent hors de l'eau, les poules et les oies picorent, caquettent et se promènent aux alentours; caché derrière un écran végétal, un marcassin pousse des cris stridents à l'heure des tétées; un gecko installé entre les cloisons de ma case, cossasse. La femme de chambre chante d'un voix d'ange tous les matins et m'apporte des draps de lin brodés, qui sentent bon la lessive. Au passage des écoliers en fille indienne, les chiens jappent, de l'école émanent tantôt des cris suraigus de jeux, des récitations consciencieuses, le discours d'un directeur dans un microphone; sous les bananiers, dans un tapis de plantes grasses, un chat roux chasse des rongeurs et une troupe de dindons se dandine. Vient la nuit, une lune ronde, généreuse et dorée s'extirpe des collines, les lampes-torches des chasseurs de grenouilles s'allument. La matin, ce sont les oiseaux qui s'éparpillent dans les airs à l'approche de jeunes gens armés de catapultes. Le jardin où butinent les papillons, offre quelques fruits exotiques délicieux. En embuscade, j'observe la Vie à  distance.


Luangmantha: un bungalow paradisiaque

Les fruits du jardin se retrouvent aussi au Marché du matin à  Lungmantha, Laos


Blaise Hofmann, auteur de pièces de théâtre et écrivain suisse est seul face aux Dents du Midi. Il a signé pour une saison d'éstive dans les Alpes suisses et 1000 brebis lui enseignent jour après jour le métier de berger. Après plusieurs mois de solitude, à la case de l'Ortier, tourmenté par la rudesse du climat et le troupeau peu coopératif, il écrit: "Une page se tourne. Assis, seul, j'ai descendu cul sec une première poire dans un verre d'un décilitre et demi (...). La seconde rasade de poire réveille et renforce une intuition qui me titille depuis longtemps. La valorisation sociale de toute expérience égoïste, de tout ce qui est précaire, extrême, marginal. La mis au ban du quotidien, Alors que le quotidien, justement est l'assomption héroïque d'un défi. Le seul vrai défi. L'entreprise coûte l'amour. On se rattrape sur l'orgueil.".
Il est temps de se changer les idées...


Langmantha est un bourg touristique, rencontrer d'autre voyageurs est aisé. Will, mon voisin de chambre est un homme d'une gentillesse sans borne, sa connaissance de l'Asie, où il vit depuis plus de 25 ans, alimente nos conversations passionnantes. Il est biologiste oeuvrant pour une ONG, il me présente à ses collègues. Les informations glanées en leur compagnie me renseignent sur la topographie du pays, ainsi que les risques éventuels quant aux animaux de la foret: "le plus grand danger ici, ce sont les moustiques, mais maintenant, c'est la saison sèche, donc pas d'inquiétudes". Parler avec eux apaise quelque peu la terreur que j'éprouve par moment quand je me projette campant seule dans la nature laotienne. Frenzee vit à Langmantha depuis plus d'un an, ses conseils m'éclairent à propos des attitudes à adopter afin de ne pas choquer la population locale et éviter les concupiscences masculines. A ce propos, tout le monde se veut rassurant, les laotiens semblent plutôt respectueux de la gentes féminine et pacifiques. Haike, elle, voyage seule à vélo depuis un an et demi, elle a pédalé depuis l'Allemagne. Partageant généreusement son expérience, elle m'initie aux "trucs et astuces" en tant que "solo female traveler", ou comment assurer sa propre sécurité tout en étant ouverte à la rencontre et à l'environnement? "En voyageant seule ont fait plus facilement l'effort d'aller au contact des populations locales... et puis, ont a tout le loisir d'être entièrement présente à l'environnement. Peut-être ainsi, on tire un plus grand profit de son voyage. Et en tant que femme seule, on réalise à quel point le monde entier nous veut du bien. Tout le monde veut nous protéger car la plupart du temps, c'est incroyable pour eux que nous voyagions par nous-même". Merci Heike! Le hasard me fait aussi rencontrer Virginie et Camille dont les ennuis mécaniques me donnent l'occasion d'emmagasiner, par leur entremise, un petit béaba en réparation de vélo. D'autres cyclos, tels que Eric et Amaya stimulent les ambitions en racontant leur 8 années sur les routes. Stephi et Tom n'en sont pas à leur premier périple en Asie du Sud Est. leur enthousiasme quant à cette région du monde, me convaincs qu'ici, je suis au "bon" endroit pour un "nouveau départ" à la Découverte du Monde. 


Petit déjeuner au marche du matin avec les gastronomes Virgine et Camille : des sucreries un peu British!


Au marché du matin, j'explore les étales de nourriture inconnue: fleurs de bananier, bâtons plein d'épines dont la chaire a le goût t'asperge, fruits-Dragon, papayes gigantesques, citrons verts, pomélos géants, mini-bananes vertes, fruit-Étoile, escargots, écureuils et rats grillés, larves et criquets, oiseaux multicolores vendus en brochettes, coqs de foret, poissons de toutes sortes et anguilles, gélatine d'amidon de riz, colorée et saupoudrée de noix de coco râpée, riz noir au lait de coco agrémenté de cubes de courge, flans de lait de soja, beignets frits de pâte de riz, champignons d'allure préhistorique, pouces de bamboo et de soja, racines de gingembre, épices diverses et tabac local. Ici, la laitue, ainsi que d'autres plantes aromatiques (menthe, citronnelle...) se mangent en crudité et je me régale de salades composées. C'est un lieu féminin, les vendeuses font la sieste affalées sur les sacs de leur étale dans l'après-midi. Les acheteuses vont et viennent, portant leur enfant en bandoulière dans un châle de tissus. Certaines, pour la plupart cette venues des villages, sont vêtues d'une jupe droite faite d'un simple pan de tissus sans couture, et portent les coiffures traditionnelles de leur groupe ethnique. 


Laos, Luangmantha: Marché du matin

Laos, Luangmantha: Marché du matin


Au marché du soir, les occidentaux abondent. Il s'agit en réalité d'une place aménagée de tables, bordées de stands de nourriture. Le sticky-rice (riz collant cuit à la vapeur) devient le plat quotidien accompagnés de légumes émincés, huilés et épicés. Les soupes de nouilles persillées sont aussi délicieuses. Je socialise, chaque voyageur raconte son parcours, ses aventures, ses projets. C'est dynamique, réjouissant, stimulant. Ensemble on se sent aventureux, fiers et épanouis. Les échanges de livres s'organisent avec les francophones, les "Bières-Lao" se partagent, les bonnes adresses se transmettent, je me vois même offrir à de multiples reprises des cartes routières...        

Laos, Luangmantha,Marché du soir: on fête mon anniversaire!

« Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux, de n'y point penser » (Pascal: Les Pensées). Seulement, le divertissent, comme le Lawo-Lawo (alcool local), on fini par s'y accoutumer, et l'effet désiré fane rapidement. Les idées sombres me rattrapent. Retour à la "case départ", face aux étangs .

Mise en perspective, prise de conscience, remises en cause, mélancolie, amertume, regrets, remords... Je me lamente, je me maudis. Les émotions m'envahissent, je laisse faire, me terre dans ma cabane, l'orage passe....puis revient à la charge. Je laisse faire, il faut que ça sorte. L'univers protecteur du bungalow m'autorise tous les extrêmes sans me mettre en danger. J'en profite, invitant même parfois, les sentiments à prendre le pouvoir. 

Laos, Luangmantha (vue depuis le Bungalow): La pluie et le beau temps...

Que faire à présent? Jean-Da et moi dialoguons en nous préservant autant que faire ce peut du conflit. Notre affection mutuelle, renforcée par les souvenirs, les temps partagés, les lieux découverts ensemble, le vécu commun nous aident à faire preuve de raison, nous inspire respect et bienveillance l'un envers l'autre. De longues conversations solitaires ou en tète à tète, nous mènent à la décision d'emprunter à présent des chemins différents. Il faut donc faire le deuil de l'un de mes plus précieux biens : la protection de mon partenaire de route, mon coéquipier. Le scénario se répète: Mise en perspective, prise de conscience, remises en cause, mélancolie, amertume, regrets, remords... piques d'émotions... replis dans mon refuge sécurisant, dans ma bulle de solitude.. besoin de Temps, surtout, de Temps.
" Souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup, c'est loi" . (Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal: L'Horloge).


Nous tombons d'accord sur le projet suivant: Indépendamment, nous nous dirigerons vers le poste frontière le plus au Nord du pays et passerons le Mekong, entrerons en territoire inconnu, puis, nous nous retrouverons dans la ville de Chiang Kong en Thailande. Là, nous ferons le point. S'accorder un temps de bilan de ces quelques 200 km en solitaire, nous assurer mutuellement que l'autre se sent capable, rassuré et en pleine possession de ses moyens avant de poursuivre plus avant "l'Aventure en Solitaire", nous a semblé à propos, responsable... évident.

Pour préparer cette étape-teste, nous consacrons plusieurs après-midis à nous repartir le matériel dont chacun de nous aura maintenant besoin. Quelques achats au marché et dans les boutiques de Langnamtha sont aussi nécessaires. Nous les parcourons ensemble, nous entraidant dans la démarche. Pas de doute, nous sommes bon partenaires! Cela s'avère tout de même délicat car plus qu'un partage matériel, c'est bien une étape de plus dans le processus de distanciation qui est en cours. La mise en pratique du détachement ravive les peines, les doutes, les peurs!


Merci aux amis voyageurs ou sédentaires, ainsi qu'a ma famille. Vos mails et messages de soutien sont une pierre angulaire sur laquelle m'appuyer dans ces temps troublés. 


"Que fait un troupeau lorsqu'il est formé? Il se déforme. il faut le reformer. (...) Naïf, un brin rêveur, je croyais à la structure innée du troupeau. Elle ne l'est pas. Dans un sens, c'est rassurant. Dans l'autre, beaucoup de travail" (Blaise Hofmann, L'Estive). 
Rien n'est stable. En permanence, tout se transforme. Ce n'est ni "bien", ni "mal", c'est ainsi. Lutter contre la constance du changement, c'est courir à sa perte. La Colère claque les portes ouvertes sur le Destin, la Peur asphyxie le Pouvoir Personnel, la Tristesse méprise la Vie, le Dégoût étouffe l'Amour.
La Terre est une toupie dans l'univers lancée au rythme des saisons, la lune ne cesse de décrire des ellipses autour de cette planète bleue qui écume ses années à contourner le soleil. Tout est question de Cycle!!! Alors à Vélo!!! Que les routes tournent... à la Découverte du Monde... et de Moi-Même!



On the road again...


Le premier jour est atroce, tout n'est que désolation. Difficile de concevoir que je me trouve effectivement seule, un coup de pédale après l'autre, laissée au coeur du Laos, au fin fond du Monde. Je crois halluciner, me pince, c'est un songe, je vais me réveiller. Cette idée tour à tour me déconcerte et me révolte. A 13h00, ayant déjà parcouru une trentaine de kilomètres, une longue pose repas sous un soleil de plomb ne sera faite que d'ennui et de sanglots lamentables. 

"Les objets trouvaient le moyen de s'attacher à notre âme et de lui dicter sa conduite" (Bruce Chatwin, Le Chant des pistes).
Je réalise à quel point j'ai été paresseuse, insouciante et passive. A quel point, jusque là, je m'en étais remise à mon partenaire pour s'acquitter des taches quotidiennes, pour prendre les décisions nécessaires, pour offrir réconfort et sécurité, pour déverser les impressions et émotions personnelles, pour élaborer les projets, pour partager les considérations des découverts... L'Alter Ego me manque, l'isolement me pèse, comment concevoir le parcours sans partage?

Au milieu de l'après-midi, il est déjà temps d'établir le camp, trouver de l'eau, évaluer l'opportunité d'un lieu, monter la tente et le couchage, filtrer de l'eau, préparer le repas, se laver... et trouver ses marques dans l'espace, l'écoulement du temps et le silence.
Somme toute, les actes concrets ne sont pas si pesants. C'est agréable d'agir selon son propre rythme. Techniquement, je ne rencontre aucune difficulté et considère m'en tirer plutôt bien. Seulement voilà, cela semble bien vide. A 18h00, le soleil est couché, au lit.

18h00: couché du soleil, tout le monde au lit!

Je crois qu'il pleut, reste sous tente, écoute. N'ai-je pas déjà suffisamment de "nouveau" paramètres à gérer, sans que le mauvais temps s'en mêle? Je mets le nez dehors, le ciel est bleu. Seulement, l'humidité de la nuit ruisselle partout, sur les parois de tissus, le long des troncs d'Eveas, sur les feuilles de Bananiers qui raisonnent lourdement. En routes dans les collines ponctuées de montées abruptes, bien que courtes, et de descentes toutes aussi raides. Mon bagage me semble lourd, j'emporte avec moi "tout un fatras qui ne servira pas" (Henris Dès). Les chansons de mon enfance me reviennent en tête. Me voilà encore plus chargée après une paisible et instructive rencontre avec Robert, un cyclo solitaire venu d'Aurtiche, qui me lègue sa radio solaire, comme compagnonne pour les moments où la solitude s'emplit d'amertume. 

Les villages séparés de quelques kilomètres s'enchaînent, je pense Néolithique. Les maisons sont des huttes de bamboo tressé sur pilotis, les toits de branchages de palmes. Les balcons aux barreaux ouvragés sont décorés de plantes en pot, de guirlandes de fleurs, de divers bibelots sculptés. Parfois, un hamac est tendu entre les pilonnes, un joueur de guitare y gratte les cordes, une femmes y nourrit ses enfants, un vieillard observe sereinement les alentours. "Sebaybi!", l'on me crie sans cesse. Les enfants agitent leur main si tôt qu'ils m'aperçoivent de loin.  Plus je m'approche, et plus des sourires se marquent, les yeux se plissent avec complicité. Les femmes m'indiquent du doigt aux plus petit qu'elles portent dans un tissus en bandoulière, attrappant leur bras et le secouant en l'air. Aux abords des écoles, les élèves en uniforme accourent et me récitent d'un trait toute la leçon du jour: " Hello! How are you? My name is.... What is your name? Nice to meet you!", que je conclus d'un "Very good! Nice too meet you too!". Des "I love you" sincères et innocents me poursuivent alors que je m'éloigne. Une toute petite fille s'agrippe d'une main aux barrières de son jardin, de l'autre, elle ne cesse de m'envoyer des baisers. Mon coeur chavire. Les petites choses que composent le Bonheur. Offrir tant d'amour à l'inconnu, l'étranger de passage... à l'éphémère: Quelle leçon!

Laos: Village typique

L'arrivée d'eau à laquelle je m'approvisionne est couverte d'une tôle ondulée qui repose sur les parois de bamboo en croisillons. Je me glisse à l'intérieur en compagnie d'une femme vêtue seulement qu'un paréo retenu sur ses seins par une ceinture d'argent à boucles. De taille réduite, sa carrure est tellement modeste que je me sens comme une ogresse en cage (alors qu'en  Europe, je suis toujours la plus petite du groupe et ne me considère pas comme corpulente). Sentiment exacerbé par les regards des dizaines d'enfants pressant leur visage entre les bamboos, cramponnant leurs petites mains aux palissades. Une veille femme, une pipe à fin tuyau métallique entre les lèvres s'approche. Elle ne soupçonne certainement de magie noir. A mesure que le liquide coule du robinet, la vache à eau se gonfle, mais ses parois étant opaque, il s'agit pour elle de vérifier avec soin ce qui se passe à l'intérieur. Ma bonne foie est sauve après que j'aie laissé toute la bande tâter les flancs rebondis de l'objet mystérieux et guigner par son ouverture. Oui, c'est bon, l'eau est bien là, je peux y aller!

Vu d'ici, la Planète Bleue est une erreur linguistique. Il s'agit de la Planète Verte en réalité! La végétation recouvre tout jusqu'à l'overdose. Les plantes "parasites" colonisent les hauts arbres, des bosquets entier sont recouverts d'un enchevêtrement de plantes rampantes y prenant appuis. Parfois, je pense Préhistorique. Des palmes en rameau de plume brillant jaillissent entre les bananiers plus clairs et bas, le tout, couvé par des monuments végétaux, aux troncs énormes, aux branches désordonnées, des arbres sans doute centenaires. Un diplodocus pourrait bien surgir à tout instant!

Camping in the jungle...oh well!


Le soleil décline, éclaire une colonne de fourmis dont les corps semblent des gouttes de résine coulant, de bas en haut, le long du tronc qu'elles escaladent. La nuit vient avec ses bruits inhabituels, il faut s'en accommoder. Les lucioles s'illuminent. Que provoque ce frémissement continu dans le bouquet de bamboo? Et ce gratouillage autour de la tente? L'obscurité n'arrête pas les insectes dont le bourdonnement incessant constitue désormais le bruit de fond usuel. Matin, la lumière s'infiltre entre le feuillage, une goutte de rosée en suspension devient prisme, des oiseaux verts et jaune se courattent. L'observation et l'écoute se développent.

Laos: Bouddha prend la Terre à Temoin et s'Illumine

Dernière nuit au Laos, passée dans une Guest House de Huay Xia car même en roulant doucement, je n'ai pas mis plus de trois jours et demi pour atteindre le Mékong. Les "slow boats" indolents, glissent sur les eaux mythique du fleuve qui me sépare encore de la Thailande. Réveille au chant des bonzes qui remercient pour l'aumône de riz reçue des habitant dans les rues juste en dessous de ma fenêtre. Je m'étire, reprends mes esprits, et m'en vais à la découverte d'une "nouvelle Terre": le Royaume de Siam.

Laos: chaque village ou presque possède son Monastère

Primus Omifuel, retour d'experience, service apres-vente

On vous propose une petit retour concernant notre réchaud Primus Omnifuel, après 2 ans et demi d'utilisation quotidienne ainsi que l'expérience de  nos contactes  avec le service après-vente de la compagnie Primus.
Notre réchaud est utilisé surtout lors des campements (soit actuellement plus de 700) pour la préparation du repas du soir  ainsi que le matin pour la préparation du café/thé  parfois accompagné d'oeufs, de toasts, de pain perdu ou de crêpes. Il nous arrive aussi de cuisiner lors des pic-nique de midi.

On peut dire aisément que le Primus Omnifuel nous satisfait entièrement. Très robuste, puissant, simple d'utilisation,  d'entretien aisé, il a toujours fonctionné parfaitement sous différent type de climat, en haute altitude, par  vent fort ou lors de température négative par exemple. Nous apprécions tout particulièrement la régulation de la puissance de cuisson qui permet de bouillir rapidement de l'eau ou de laisser mijoter lentement des aliments sur une petite "flamme". 
Ce réchaud fonctionne avec plusieurs  combustibles différents, essence, diesel ou gaz. Nous l'alimentons principalement en essence qu'on se procure directement en station service, mais il nous est arrivé lors de rupture de stock à la pompe de nous fournir en diesel ou en gaz.
Nous sommes parti de Suisse en emportant dans nos sacoches 2 kits de réparations pour le réchaud contenant de multiple joints, des filtres pour le carburants, des injecteurs de rechanges... Nous n'avons prélevé dans ces kits et échangé qu'une seul pièce soit la tête du piston en cuir de la pompe à carburant, ce remplacement est survenu après une année et demi d'utilisation.

Réchaud Primus Omnifuel au moment du préchauffage
Au niveau entretien, la principale opération consiste à déboucher le trou de l'injecteur à l'aide d'un mince fil de fer rigide,  cela s'effectue sans aucun démontage puisque l'injecteur est directement accessible. La fréquence de ce nettoyage dépend directement de la qualité du carburant, certaine essence propre n'encrasse pas l'injecteur pendant plusieurs mois. Cependant dans  certain pays ou la qualité de l'essence était médiocre ou lors de l'utilisation de diesel, un petit coup de fil de fer à l'injecteur était nécessaire tout les 3 à 4 jours dans le pire des cas.  Le primus Omnifuel demande aussi un nettoyage du pointeau de la vanne de régulation de la flamme, pour cela il faut dévisser un écrou pour accéder au 3 rainures du pointeau ou il suffit de passer l'ongle pour enlever les dépôts. Il est nécessaire d'entreprendre cette opération  lorsque le réchaud perd en puissance, dans notre cas environ tous les 6 à 8 mois. Au niveau de la pompe à combustible, une "lubrification" de la tête de piston en cuire est nécessaire environ 1 a 2 fois par année. Pour cela il suffit d'utiliser le lubrifiant fourni par Primus ou  en appliquant de la salive sur le cuire afin de l'humidifier pour qu'il se dilate est épouse la forme du cylindre.

Réchaud Primus Omnifuel avec notre batterie de cuisine
En effectuer ces 3 petits entretiens, notre réchaud a toujours fonctionné parfaitement pendant deux et demi, jusqu'au jour ou l'on constate une petite fuite au niveau du tuyau reliant la pompe à combustible au réchaud. Cette fuite se situe juste après le raccord au réchaud, à l'endroit ou lorsque qu'on enroule le tuyau, il fait un petit angle. A force d'être enroulé et déroulé, d'être secoué dans nos sacoches, ce même angle au tuyau, toujours au même endroit, a commencé a se fragilisé, l'usant jusqu'à perforation. Cela ne permettait plus de cuisiner. Puisque le réchaud et la pompe à combustible sont en parfait état de fonctionnement, nous avons assidûment recherché à se procurer en Chine un tuyau flexible, sans résultat. Nous avons eu à deux reprises la pièce recherchée dans les mains, mais les vendeurs chinois nous expliquaient qu'il fallait acheter le réchaud au complet. On envoya donc un e-mail directement à la compagnie Primus en Suède en exposant notre problème de fuite. Dans leur réponses, la compagnie nous propose d' envoyer un nouveau flexible en Chine afin que l'on puisse continuer à utiliser notre réchaud. Par l'intermédiaire de Meeli Outdoor, un magasin de sport à Kunming, Primus nous enverra la pièce pour que nous la  récupérons.
On tient donc par ces quelques lignes a témoigné notre gratitude à la compagnie Primus qui met sur le marché des réchauds préformant et résistant. Mais on tient surtout a remercier chaleureusement le service-après vente de la compagnie qui a su entendre notre requête et s'est sentie directement concernée, et a oeuvré promptement pour qu'on puisse recuisiner sur notre réchaud . Merci à la Compagnie Primus pour cet envois sans frais jusqu'en Chine  !!!

mardi 11 novembre 2014

Chine: de Kunming a Mohan ( Frontiere du Laos)

Kunming est la capitale de la provence de Yunnan, c'est une mégapole, se sera la dernière croisée en Chine. Comme Leo l'a écrit, l'approche de la cité fut assez difficile, cependant relevons que notre petite route empreintée, pénétrera de manière rectiligne jusqu'au centre ville. Chaque grand carrefour possède un petit poste de police, car pour faire respecter la couleur des feux, un policier, sifflet en bouche et drapeau à la main se place à chaque branche pour stopper ou faire circuler les 4 a 6  voies de véhicules. C'est à l'un de ces poste que nous demandons confirmations aux agents de l'ordre, si il suffit de continuer tout droit pour atteindre le centre, indication confirmée par eux. Étrangement l'un d'eux porte une t-shirt noir bariolé de feuilles de cannabis vertes, est-t-elle vraiment réglementaire votre tenue?  

Les hôtels accueillant une clientèle étrangère de Kunming demandent des prix inaccessibles à notre bourse, nous tentons donc de nous faire accepter dans les enseignes pour chinois. La réponse est toujours la même, méiyou (y a pas) en secouant la main pour dire non. Une jeune réceptionniste me brandira même son bâtons taser électrique crépitant sous le nez pour me faire sortir de l'établissement. Bienvenue, je sais que nous sommes sales, mal vêtu, mais tout de même!!!
Pour finir, on croisera un groupe de cyclo malais logeant dans un auberge de jeunesse, ils nous ouvriront la voie jusqu'à elle.

 L'auberge Cloudland à Kunming
Au troisième jours déjà, nous quittons notre chambre avec vélos et bagages, Leo a trouvé sur internet un hôtel proposant des chambres à un prix imbattable, au vue du nombre de jours que nous allons rester sur place, le déménagement semble judicieux pour notre porte-monnaie. Nous nous rendons sur place et découvrons le bâtiment en question en phase de démolition. Bizarrement, il était possible de faire des réservations ainsi que de payer le séjour par internet. Ahuri, nous nos yeux passe du numéro de la rue, au papier avec l'adresse pour finir sur les machines de chantier, caramba ce ne va pas être possible de dormir ici. On aura fait 25 kilomètres aller-retour pour se ré-installer à l'auberge que nous avons quitter au matin.

Marché, étalage de viande

Le séjour dans la ville de kunming va se prolonger sur plus d'une semaine afin de mener à bien toute les petites et grandes missions que nous devons accomplir. On commence par trotter à pied jusqu'à l'ambassade de Thailande pour demander et obtenir 2 mois de visa. Notre nouveau statut de partenaire ou co-équipier va nous faire faire un bon nombre de kilomètres et quelques ampoules au pied en bonus. En effet, nous avons décider de nous équiper matériellement afin que chacun puisse être autonome pour la suite du voyage. Nous partons donc à la recherche de magasin de sport et de camping en particulier. Dans certaine ville chinoise, ces échoppes se concentrent toutes dans un unique quartier de la ville ou elles abondent, cela n'est pas le cas a Kunming. C'est donc une véritable chasse au trésor urbaine, il faut commencer par faire des recherches internet, noter les nom des magasins, les rue et leurs numéros. C'est donc carte en main, patience en réserve, oeil affûter, pied en compote (oui,oui j'ai acheté des souliers chinois bon-marché, pour pédaler c'est bien, mais lorsque je marche beaucoup, c'est une catastrophe...) qu'on arpente les quatre coins de la ville pour trouver la bonne rue ensuite la parcourir de long et en large jusqu'à découvrir la vitrine exposant du matérielle de sport ou de camping. 4 journées entières seront dédiée à ce jeu, pour enfin de compte, acheter une tente et un réchaud à essence. Bravo les explorateurs urbain!!!

Toujours dans le labyrinthe du marché


Lucie et son mari dont nous avons obtenu l'adresse en Chine par le biais des parents à Leo étaient censé recevoir par poste une petite pièce de rechange pour notre réchaud (le vieux). Mais l'adresse transmisse en caractère latin n'était pas tout à fait exacte et la compagnie expédiant l'article n'a pas joint l'adresse en caractère chinois, cela pour dire que notre colis n'est jamais arrivé chez Lucie et son mari. Par contre, nous avons rencontré  le couple, ils sont venu nous rechercher devant la porte de l'auberge pour nous emmener faire une balade en montagne ainsi qu'un repas à la campagne. Merci pour ce bon moment en votre compagnie.

Notre séjour à rallonge à Kunming ne nous permet plus de rallier la frontière du Laos en vélos, nos visa chinois expirent dans quelques jours. On fait la moitié de la distance en bus et pédalons le reste.

L'ambivalence: Tendance à éprouver ou à manifester simultanément deux sentiments opposés à l'égard d'un même objet : amour et haine, joie et tristesse, etc

Ce sentiment ambivalent face à plusieurs idées, plusieurs sentiments ne m'est pas inconnu. N'étant pas toujours d'un aplomb inébranlable, je me l'aise souvent prendre dans cette tenaille face à deux ou plusieurs sentiments ou ressentis dont je n'arrive pas à trancher. Je considère la première idée et puis la seconde qui peut également avoir du sens sans pour autant arriver à prendre une décision. Un exemple sera peut-être plus parlant pour comprendre: Faut-il parler de notre rupture sur un média comme internet? Leo pense que cela fait partie de notre aventure de route, qu'il est bon de retranscrire les difficultés affectives rencontrées par un couple durant un voyage au long-cours. Car le quotidien de notre vie itinérante est si intense, les émotions en sont décuplé, le lot quotidien de décision à prendre sont soutenu ainsi que la promiscuité de vivre avec l'autre 24 heures sur 24. Oui, je la rejoint complètement dans cette idée, mais en moi, une voix me crie aux oreilles que cela est privé, que cela ne regarde personne. Personnellement, il m'est impossible de dire de manière raisonnable et de mesurer l'impact de commenter ce sujet sur notre blog. Mais honnêtement faut-t-il en parler sur internet? Je comprends de manière intellectuel le pourquoi du oui et du non, mais difficile de prendre une décision, la balance ne pèse pas plus d'un coté ou de l'autre. Loin d'être un coup de tête, nous avions déjà ouvert ce sujet en Iran. Je pense que Leo et moi avons eu le courage, la pertinence d'être sincère envers-soit même et envers l'autre, nous avons regardé notre situation de couple en face et de prendre une décision en conséquence. 

L'ambivalence est peut être un état dans lequel nous nous trouvons pour le moment avec Leo. Nous avons énumérer plusieurs scénario possible concernant la suite du voyage, mais aucune décisions ne sort de nos échanges. Peut-être que prendre du temps, se laisser chacun du temps pour digérer, se reconstruire et ensuite articuler son envie est plus sage. Nous pédalons toujours l'un derrière l'autre ou l'un devant l'autre!


Nous évoluons en foret Sub-Tropical
Revenons à nos guidons, nous sommes à l'extrême Sud de la Chine, il fait chaud, humide, il nous reste un poignée de jours pour parcourir les 300 kilomètres qui nous sépare de la frontière laotienne. L'ambiance entre nous n'est pas mauvaise, nous savons être des co-équipier ou des amis responsable de leurs actes. L'ambiance qui nous entoure est charmeuse. Notre route sillonne de magnifique collines, tantôt striée de culture de thé ou de rizière, tantôt de plantation de café ou de banane, tantôt recouvert de foret et de bambou, nous découvrons nos premiers hévéa (arbre permettant la récolte du latex pour ensuite être transforme en caoutchouc). Loin de la Chine industrielle, j'ai déjà l'impression d'avoir quitté le pays du Soleil Levant. Le trafique presque inexistant nous permet de pédaler le nez en l'air en position de contemplation ou les yeux absent au fond de notre pensée, c'est agréable de débrider notre concentration. Le mode vie rural semble paisible, les poules prennent possession de la chaussée, chat et chien abondent, les buffles d'eau barbotent dans les rivières, le tableau est relaxant. Les habitants s'affairent aux champs, récoltent le latex, fument du tabac en utilisant des bangs énormes, en milieu de journée c'est le moment de  jouer aux cartes ou de faire du tissage. Les habitations dans ce climat chaud sont plus simple, il n'est plus obligatoire d'avoir des murs en dur, un tressage de bambous fait l 'affaire. Les vitres des fenêtres sont absentes, facilitant ainsi le passage d'aire, par contre la toiture elle, est toujours étanche pour mettre les habitants à l'abri des pluies. Tôle, tuile ou  paille de riz joue se rôle de protection.

Plantation de thé formant des longues stries


Enclos à cochon


Ambivalence, est-il préférable de voyager seul ou ensemble? Leo et moi formons une équipe qui fonctionne, les compétences de l'un s'additionnent à celle de l'autre et comblent nos lacune respective. En plus, je pense que nous sommes très attaché l'un à l'autre, le chemin parcouru, l'aventure vécu ensemble à tissé des liens solides d'amitié ou familiaux, sommes nous peut-être des "frères et soeur"? Cependant par moment naît en nous un élan de liberté, faire ce que l'on veut quant on veut, ne plus regarder systématiquement sur l'autre, ne plus faire de compromis sur le moment de faire une pause, le choix du repas, la direction à  prendre, les envies respectives... être seul a bord!!!

Au premier campement depuis que nous avons quitter Kunming, Leo installe sa tente à quelques 10 mètres de la mienne, chacun s'organise maintenant comme il veut dans son logis de tissu. Mais les repas s'organise comme avant. La seconde nuit se fera dans une plantation d'arbre à caoutchouc ou les insectes et animaux nocturne sont très bruyant. Nous sommes dans la région sub-tropical à la faune et flore luxuriante.

La nouvelle tente de Leo

Ambivalence, elle pointe son nez lorsque la nuit tombe, lorsque tout cri, craquement autour du camp nous interroge. Tong... une noix tombe sur ma tente, est-ce vraiment  un noix? Suis-je sur que ce n'est pas quelqu'un qui a lance une pierre, ou un animal qui donne un coup de patte au tissu?  Oui, à certain moment, on se sent rassurer de savoir l'autre pas trop loin. Mais cette liberté naissante ou est-t-elle? Elle se réveille avec le jour qui chasse la nuit!!!
Ce matin la, nous plions nos toile de tente complètement sèche, c'est assez rare pour le signaler. Après 3 kilomètres de bitume on entend quelques cris humains et de gros craquements dans la foret. 4 éléphants en sortent accompagner de leur gardien et rejoignent la route.
Ambivalence, est-ce vraiment judicieux de camper dans ces forets? Si nous aurions établi notre campement 3 kilomètres plus loin, aurions-nous eux la visites de ses pachydermes durant la nuit?

Éléphant au milieu de la foret


Finalement, ils descendent sur la routes


Au 3 ème campement nous auront la visite le soir de Tom et Anna, cyclos polonais déjà rencontré à Leshan. Ils ont vu nos tentes au bord de la rivière, malheureusement ils ne restent pas puisqu'ils sont attendu dans le village suivant par un hôte contacté sur internet. Nous prenons donc rendez-vous le lendemain matin pour partager ensemble le déjeuner au village. Durant la nuit des bruits étrange sorte de l'eau du ruisseau, des grenouilles imitant des cri de canards?!?

Durant les 3 dernières jours de pédalage, toutes les vallées, collines et plaines sont uniquement planter Hévéa.
Ambivalence, à la découverte des arbres à caoutchouc, j'ai été ravi de constater que tout ce latex récolté permet d'obtenir une matière première naturelle. Je pensais que cette matière était actuellement uniquement produite par la transformation du pétrole. Cependant cette monoculture a complètement détruite la foret originel de la région, en exterminant la faune qui y résidait. Donc oui ambivalence, sur nos manière de production, même si il est préférable de se fournir en matière première naturelle plutôt que des dérivés pétrolifères, il faut quant même remettre en question les technique de cette culture.

Hévéa, récolte de latex
Les collines  à perte de vue sont plantées uniquement d'Hévéas              
Par endroit un arbre solitaire ou une petit groupe n'ayant pas subit le coup de tronçonneuse trône majestueusement au dessus des leurs congénère de la monoculture. Il sont bien 4 a 6 fois plus haut que les arbre à caoutchouc, ils sont un écosystème a eux seul. Sur leur tronc et branche sont installé toute sorte de mousses, fougères et plantes diverse, plusieurs variétés de lianes courent sur les plus hautes branches culminant à plus de 60 mètres du sol. Ce sont des monuments naturelles comparable à des cathédrales, des mosquées, des stupas et autre temples construit par l'Homme essayant d'atteindre les hauteurs de la lumière divine. Quelle spectacle. Je me sens vibrer par cette force, cette énergie naturelle. Avons-nous définitivement rompu ce lien avec la nature? L'homme est-il vraiment supérieur à cette puissance naturelle pour la détruire à des fins économiques?


Tronc coupé, le marché de bois est intense, la déforestation aussi!!!
Simplicté des villages à l'extrême Sud de la Chine
Dernière matinée en Chine, il nous reste 50 kilomètres pour atteindre le village frontière de Mohan. Je sens à contre coeur la Chine qui essaye de me retenir puisque successivement, pour des raisons inconnues je crève 3 fois mon pneu arrière. Même devant ce signe, ci cela en est un, je ne ressent aucune ambivalence, je veux sortir de ce pays, OUI. Le village frontière ne semble pas cadrer avec l'endroit rurale que nous avons traverser ces derniers jours. Ici afin d'afficher qu'on sort ou qu'on entre dans un pays très développer on a construit à tour de bras des dépôts et des immeubles modernes. A bien regarder, comme dans toutes le villes chinoises, beaucoup de ces constructions finies sont inoccupées???
Oui, nous quittons la Chine sans regret, ce pays ne fut pas un coup de coeur, peut-être est-ce un livre ouvert pour observer un mode de vie ou la production et la consommation sont une religion. Engranger de l'argent est le centre de tout, le but ultime,  ce phénomène ici est poussé a l'extrême, il est vraiment intéressant de se confronter à cela car c'est peut-être le future qui nous attend en Europe.


Laos, nous voila à ta porte, nous sommes impatient de faire ta connaissance, tous nous ont dit beaucoup de bien de toi. Nos obtenons un mois de visa a l'entrée du pays, nous y voila donc...

jeudi 6 novembre 2014

A la découverte du Monde à travers d'autres yeux: le sac au dos, la tête en l'air...

Des Golbtrotters qui ont des choses à dire. Leur transhumance s'acheminent au rythme régulier ou leurs pensées s'égrainent. Sur leur blog personnel, ils nous partagent leurs réflexions, leurs émerveillements, leurs mises en questions, leur coups de geule...



Amelie et Romain: couple voyageurs venant en aide aux entreprises sociales, France
http://ousontdidetrom.tumblr.com/

Amandine et Romain ne sont pas paris en voyage le sac au dos et la "fleur au fusil", comme tant d'autres. Non, voulant joindre l'utile à l'agréable, ils ont décidé de s'envoler avec dans leurs sacs tout un tas d'outils techniques et dans leur tête, plein de concerts à partager avec les entrepreneurs de par le Monde. Leur virée à travers les continents est jalonnée de missions qu'ils mènent à bien par le biais de l'ONG qu'ils ont eux-mêmes fondée quelques années avant leur départ: Advise For Change. C'est à Beantheay Chhmar que je rencontre ce couple, joyeux, vif d'esprit et investi (lire article relatif: ). Ils oeuvrent depuis plus d'un mois pour l'entreprise sociale "Soieries du Mekong" et soutiennent leurs dirigeants dans les reconcéptuatisations entrepreneuriales qu'ils ont choisi d'opérer au sein de la structure. Leur blog privé raconte en images, leurs aventures au cours de ces diverses missions, mais aussi les superbes découvertes qui croient leur route. Alliant un très enthousiaste dynamisme, un esprit critique acérer et une bonne dose de raison, ces deux baroudeurs ambitieux et curieux s'assurent un franc succès! Rendez-vous prochainement dans divers pays d'Asie du Sud Est, avant le grand saut pour le Pérous, le Brésil et la Colombie...à suivre!



Marta et Boris, un couple espano-bulgare voyageant en stop
http://rovingsnails.com

Rencontré dans une auberge de Luang Namtha au Laos, ce couple voyage depuis l'Europe en stop et en marchant. Leur motivation durant ce voyage et d'aller à la rencontre des artisans, des gens travaillant avec leurs mains, utilisant des procédé anciens et simple. Leur site internet regorge d'articles très intéressants sur des procédés artisanaux de production venant des nombreux pays qu'ils ont traversés et découverts.


Mona et Meike, deux filles en Asie, Allemagne
http://www.asien-zu-zweit.blogspot.com/

Elles sont amies depuis plus de 20 ans et n'en ont pas beaucoup plus! Ayant déjà parcourus l'Europe ensemble, elles ne doutent pas que les 6 mois de Backpacking qu'elles s'offrent aujourd'hui en Asie du Sud Est seront une réussite. "Bien sure, il y a quelques adaptations à faire, apprendre à traverser la route sans se faire écraser par exemple", rient elles. Meike et Mona sont deux vadrouilleueuses intrépides, plein de sourire et de vitalité. en Octobre 2014, à la Cloudland Guest House de Kunming en Chine (lire article relatif: http://www.jeandaetleo.blogspot.com/2014/11/chine-de-kunming-mohan-frontiere-du-laos.html ), on peut lire sur leur visage une soif sereine de découverte, un plaisir franc à partager ensemble ces moments d'exile volontaire, et on sens à leur contacte une fort amitié qui les lie, qui les enveloppe, dans laquelle elle puisent leur motivation au quotidien, lui illumine leur sourire et leur yeux. Vous aussi, suivez l'aventure de ces deux jeunes filles à la Découverte du Monde.



Juan Alejandro, vivre avec ses conventions, Argentine
http://www.bookofdaystales.com/

"Un jour j'allais  à une réunion d'administration de la faculté pour laquelle je travaillais depuis tant d'années'. J'étais dans ma voiture arrêté  à un carrefour, le feux était rouge, Quand il a tourné au vert, je n'ai pas démarré. Je suis resté là plusieurs minutes et silence. Et puis, j'ai tourné à gauche". A gauche, c'était la direction de l'aéroport, Juan-Alejandro a embarqué dans le premier avion pour Buenos Aires. "Quand les portes de l'avion se sont ouvertes sur l'air d'Argentine, j'ai ressentir quelques chose dans mon coeur, je me suis dit: "te voilà enfin chez toi à nouveau". Tout quitter, quitter cette vie qu'on s'est construite par conformisme, pour se sentir faire partie de la société... et découvrir sa propre échelle de valeur, établir ses propres règles de vie, les appliquer à soi-même, chercher ce qui nous rend vraiment heureux. Depuis, 7 années, c'est la tache à laquelle Juan-Alejandro s'est attelé. Nous l'avons rencontre à Kunming en Chine (lire article relatif: http://www.jeandaetleo.blogspot.com/2014/11/chine-de-kunming-mohan-frontiere-du-laos.html) où il apprend le Mandarin et espère décrocher un emploi de professeur d'anglais. C'est avec un immense plaisir que nous avons partage avec lui de chaleureuses soirées en égrainant nos idéaux, élaborant des projets, riant et nous étonnant des différences cultuelles.
Sur son blog, Juan-Alejandro célèbre chaque jour. Quotidiennement, il nous raconte donc une histoire, nous fait découvrir des auteurs, des recettes d'ici et d'ailleurs, des paysages,  des monuments, titille des intérêts, explore des commémorations...



Aurelie et Olivier, une année au tour du monde, France-Australie

MORTS, nous sommes morts de fatigue physique, de ressources mentales, terrassés émotionnellement, inertes, lessivés, déconnectés de nous mêmes. On pousse  de manière absurde nos vélos chargés en haut d'une pente qu'on espère être la dernière.Les trois cahutes du village de Purney planté au milieu du décors surréaliste des massifs himalayens, comme but ultime. Nous n'irons pas plus loin quoi qu'il arrive, nous sommes des loques humaines, des morts vivant, des automates sans cervelles... Tout à coup, mon vélo s'allège, mes efforts deviennent plus aisés. Je mets quelques secondes à réaliser que quatre mains s'affairent sur le chargement arrière et entraînent ce tas de ferraille vers le haut (lire article relate: http://jeandaetleo.blogspot.com/2013/09/inde-ladhak-zanskar-kashmir.html). C'est Aurelie et Olivier, nos anges gardiens, nos sauveteurs, ils sont apparus par enchantement au moment même ou tout espoir s'était envolé, le moment juste avant que tout se rompe, qu'on craque. Grâce à leurs soins (merci à toute l'équipe!), nous reprenons vie. Deux jours durant, ils nous nourrirons, nous écouterons et nous offrions la chaleur humaine qui nous permet de redevenir des Hommes à part entière. Ces deux expatriés français en Aurstalie s'offrent une année sabbatique autour du monde, faite de treks et d'espaces sauvages, de rencontres et de découvertes à travers des cinq continents. Ils nous la partageant en mots et en image sur leur blog personnel.


Oceander : Librepenseur itinerant , Allemagne

Padum est le capitale du Zanscar, cette vallée perdue au milieu de l'Himalaya, accessible en hiver par la seule voie d'une rivière gelée et en été par un détour de plusieurs centaines de kilomètres sur des routes de pelleux abruptes, en passent le col de Pensi La (4400m) qui surplombe une langue glacière longue de plus de 20 km. C'est pourtant là, dans ce bled microscopique d'où rayonne les activités commerciales de toute une vallée que nous remontrons Oceander, d'origine germanique (lire l'article relatif: http://jeandaetleo.blogspot.com/2013/09/inde-ladakh-kashmir-leh-padum.html). Un bar, une salle éclairée d'une lumière blafarde, une dalle de béton nue pour tout sol, et quelques tables et chaises dépareillées pour accueillir les buveurs venus "à  la ville" avant de reprendre la route de leur hameaux perchés le long des sentiers himalayens. Ce librepenseur comme il se définit lui-même, parcours ces chemins seul, accompagné seulement de son sac à dos, son appareil photo et de ses réflexions qu'il nous présentent sur son blog.



Jim : Cycloyageur, USA

Nous avons quitte Malali ce matin et sommes en plaine ascension de notre premier col himalayen le Rotang La (3979m). Au bord de la route nous prenons notre pic-nic en compagnie d'Anthoni, un cyclo Croato-Allemand avec qui nous avons décidé de partager l'itinéraire, quand apparaît notre seconde surprise de la journée: Jim (lire article relatif: http://jeandaetleo.blogspot.com/2013/08/inde-ladakh-manali-leh.html). Ce Texan, est plein de surprises qui nous séduirons et nous déconcerterons tour à  tour. 7 semaines d'aventures partagées au coeur de la Mère des Montagnes. Une amitié sincère et durable, en dent de scie aussi raide que le trace de la route que nous parcourrons ensemble, avec ses pics d'euphories et ses descentes abruptes. Une amitié à l'image des paysages qui nous accompagnerons tout au long de ce pédalage en commun: merveilleuse, grandiose, étonnante, choquante, écrasante, démente, inattendue, à couper le souffle (voir la vidéo de Jim: http://vimeo.com/102798729)...
En sus de ses aventures à vélo, Jim nous fait part aussi sur son blog de ses expériences en freejumping, parapente, trek, et vie de village auprès des populations locales du  Népal en particulier.